C’est fait. Après un an et demi d’études à distance, les élèves ont finalement mis les pieds au cégep lors de la rentrée scolaire en présentiel lundi, à leur plus grand bonheur.

Alice Girard-Bossé
Alice Girard-Bossé La Presse

« Ma rentrée s’est très bien passée ! », s’est exclamé Édouard Cretiu, 17 ans, qui entamait lundi la technique en médecine nucléaire au Collège Ahuntsic. « Même si c’est la COVID, ils ont trouvé la façon de bien s’arranger. La cafétéria est ouverte quand même, et tout le monde porte le masque, alors je suis content. »

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Édouard Cretiu

Rencontrée à la sortie du collège, Marilou Bray s’est réjouie que les cours soient en présentiel. « On peut avoir un contact direct avec le professeur et c’est vraiment mieux si on a besoin d’aide. Ça nous permet de rencontrer les élèves sur place aussi », a dit l’élève en biotechnologie.

Léa Bélanger, qui étudie en technique en délinquance, est du même avis. « C’est vraiment plus facile pour se concentrer quand on est en classe. J’ai de meilleures notes aussi », a-t-elle dit.

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Léa Bélanger

Elle n’est pas seule. Les cours à distance et les restrictions imposées par la COVID-19 ont nui à la motivation et à la concentration de nombreux élèves.

Yves de Repentigny, vice-président de la Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec (FNEEQ-CSN), souligne que la CSN s’est réjouie, il y a quelques semaines, de savoir que la rentrée allait être en personne.

« À distance, on ne voit pas toujours le non-verbal des gens, on ne sait pas toujours si les élèves comprennent ou non », a-t-il affirmé.

La vie sociale est importante aussi pour avoir un équilibre dans notre vie professionnelle ou autre.

Yves de Repentigny, vice-président de la Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec

L’impact de la pandémie sur le parcours des élèves au collégial est toutefois difficile à évaluer, puisque les ministères de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur ont autorisé la mention « incomplet » aux élèves qui en ont fait la demande. Cet assouplissement a permis aux cégépiens d’abandonner un cours sans que cela soit considéré comme un échec.

Recommencer à étudier

« Ça fait du bien de revenir ici, de marcher dans l’école et de retrouver la vie étudiante normale et vivante et de ne pas rester en pyjama toute la journée devant son ordinateur », a lancé Jade Lachambre, qui profitait du soleil entre ses cours en compagnie de sa cousine Rosalie Lachambre.

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Jade Lachambre (à gauche) et Rosalie Lachambre

Le défi qui l’attend ? Recommencer à étudier, soutient-elle. « À la maison, on n’étudiait pas vraiment. Tous les examens étaient à livre ouvert, donc il va falloir recommencer à étudier et apprendre les choses par cœur. C’est un peu stressant », témoigne-t-elle.

« Tout le monde est prudent »

La semaine dernière, le gouvernement Legault a annoncé que le port du masque allait être obligatoire en tout temps dans tous les cégeps et toutes les universités. « Il faut porter le masque en tout temps, mettre du gel désinfectant en entrant dans le cégep, et plusieurs tables à la cafétéria ont été enlevées pour qu’il y ait moins de personnes », a énuméré Jade Lachambre, qui étudie au Collège Ahuntsic.

« Tout le monde est prudent, et j’ai eu mes deux vaccins aussi, alors je suis plus protégé », a renchéri Arthur John Devilla, qui se rendait au cégep pour la première fois lundi, après avoir terminé son secondaire en juin.

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Arthur John Devilla

Malgré les mesures en place, les préoccupations demeurent présentes avec la montée du variant Delta. « On est loin d’être sortis de l’auberge », craint M. de Repentigny. Il espère que la montée du variant n’entraînera pas un retour en mode à distance.

On s’inquiète notamment pour la ventilation, qui est très variable d’un cégep à l’autre et même d’un local à l’autre.

Yves de Repentigny, vice-président de la Fédération nationale des enseignantes et des enseignants du Québec

Les premiers échos font aussi état de respect très inégal des consignes sanitaires d’un cégep à l’autre. À certains endroits, on est très sévère, dit-il, tandis que dans d’autres cégeps, « les étudiants s’entassent dans les classes ».

Le retour en canicule

L’extrême chaleur actuelle est aussi difficile à vivre, a souligné M. de Repentigny. « Les cégeps n’ont pas tous l’air climatisé. Dans les locaux, par endroits, il peut faire jusqu’à 42 °C. C’est vrai que le masque n’empêche pas de respirer, mais avec cette chaleur, il est loin d’être confortable. »

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Isabelle Nélisse

Les élèves rencontrés ne s’en sont toutefois pas plaints. Ils considèrent plutôt le masque comme un bon compromis pour pouvoir assister aux cours en présentiel. « On était habitués de porter le masque au secondaire, alors ce n’est pas si pire », dit Isabelle Nélisse, qui étudie en sciences de la santé.

Avec Louise Leduc, La Presse