(Québec) Les parents devront se monter patients. Québec a annoncé lundi la création, d’ici deux ans, de 9000 nouvelles places en garderie à travers le Québec. Mais ce sera loin d’être suffisant.

Mis à jour le 23 août 2021
Jocelyne Richer La Presse Canadienne

Trois ans après l’élection du gouvernement Legault, on est loin de répondre aux besoins, alors que le milieu des services de garde traverse une crise sans précédent, la liste d’attente pour obtenir une place dépassant les 50 000 noms, du jamais vu.

Le ministre de la Famille, Mathieu Lacombe, s’est montré déterminé, lundi, en conférence de presse dans une garderie de la banlieue nord de Québec, à faire en sorte que chaque enfant québécois ait sa place dans un service de garde éducatif. Mais il n’a pas dit quand ces précieuses places seraient enfin rendues disponibles.

PHOTO JACQUES BOISSINOT, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE

Le ministre de la Famille, Mathieu Lacombe

En trois ans à la tête du ministère de la Famille, il aura réussi à en créer seulement 2500. En parallèle, en milieu familial, frappé de multiples fermetures, on estime avoir perdu ces dernières années quelque 20 000 places.

Le ministre Lacombe a réaffirmé sa promesse de présenter à l’automne un plan « complet » de déploiement de places à contribution réduite, soit 8,50 $ par jour, accompagné d’un projet de loi censé moderniser l’encadrement du réseau et mieux gérer sa croissance avec moins de bureaucratie. Il a dit vouloir « prendre les bouchées doubles » pour compléter le réseau.

Il avait lancé un appel de projets l’automne dernier et avait reçu de nombreuses propositions. Le ministère a retenu 194 projets totalisant 9014 places à répartir entre 13 régions, qui seront créées en centres de la petite enfance (CPE) ou en garderies privées subventionnées. Elles devraient être accessibles d’ici l’automne 2023.

C’est la région de Québec, où le déficit de places est le plus criant, qui va rafler la plus grosse part du gâteau, avec 2059 nouvelles places à créer dans une quarantaine d’établissements.

Pour faire son annonce, aux allures de campagne électorale, le ministre Lacombe s’était entouré de nombreux élus caquistes, soit la vice-première ministre, Geneviève Guilbault, le ministre de la Transformation numérique, Éric Caire, et les députés Sylvain Lévesque (Chauveau), Vincent Caron (Portneuf) et Émilie Foster (Charlevoix).

La CSQ a réagi à l’annonce en se montrant inquiète de la pénurie de main-d’œuvre dans les services de garde. « Les bris de service se multiplient dans le réseau de la petite enfance et les départs de personnel qualifié se poursuivent », a déploré le président de la CSQ, Éric Gingras, par voie de communiqué. La Fédération des intervenantes en petite enfance (FIPEQ) a abondé dans le même sens.

La porte-parole sur les questions de famille de Québec solidaire, la députée Christine Labrie, a déploré l’incapacité du gouvernement à attirer et retenir des éducatrices. Le gouvernement doit donc offrir aux éducatrices « un rattrapage salarial et offrir le soutien nécessaire » pour éviter que la situation empire.