La controverse autour de l’ancien site de l’hôpital Royal Victoria n’empêche pas Québec d’aller de l’avant. Le projet de 700 millions de dollars de l’Université McGill, qui souhaite établir sur ces terrains un nouveau centre universitaire, vient de franchir une autre étape.

Marie-Eve Morasse
Marie-Eve Morasse La Presse

Appelé « Nouveau Vic », ce projet vise à requalifier une partie des immeubles de l’ancien hôpital Royal Victoria, déménagé en 2015 sur le campus Glen. L’Université McGill veut y créer un pôle d’innovation en développement durable et en politiques publiques, où seraient réunis professeurs et étudiants.

Le Conseil des ministres a approuvé le dossier d’opportunité, ce qui permet au projet de passer à l’étape du dossier d’affaires.

Le projet est évalué à 700 millions, et le gouvernement fixe sa contribution maximale à 475 millions. De cette somme, l’Université McGill dispose de 20,4 millions pour la réalisation du dossier d’affaires ainsi que 36,2 millions pour des travaux préparatoires de décontamination des édifices.

Le projet de l’Université McGill vise six bâtiments de l’ancien complexe hospitalier. De ce nombre, trois seront restaurés, les autres seront démolis parce qu’ils sont trop vétustes pour être réhabilités.

« Ce sont des bâtiments patrimoniaux qui se détériorent au fil du temps, c’était très important d’y voir dans les meilleurs délais », a dit la ministre de l’Enseignement supérieur, Danielle McCann, en entrevue avec La Presse.

L’Université McGill est l’université la plus vétuste au Québec et a un déficit d’espace important, note également la ministre. Le projet permettra d’ajouter plus de 25 000 mètres carrés aux espaces déjà existants que possède l’établissement.

De vives critiques

Encore la semaine dernière, l’avenir des bâtiments de l’ancien hôpital Royal Victoria et des terrains adjacents, situés sur les flancs du mont Royal, a suscité de vives réactions à Québec.

Le Parti québécois a accusé le gouvernement Legault de faire de McGill une « université hégémonique à Montréal » qui devient une « belle enclave […] où on va parler anglais » et où une partie de l’immobilier situé sur le mont Royal va appartenir à la « riche université ».

Le chef parlementaire du parti, Pascal Bérubé, s’est en outre demandé pourquoi il n’avait pas été envisagé que des universités ou cégeps francophones s’y installent.

Un appel à toutes les universités québécoises a été lancé, mais seule l’Université McGill « a levé la main », a rétorqué la ministre McCann.

« On pense que la complexité des espaces et le coût pour la réfection des édifices patrimoniaux ont été des freins pour certaines universités », a-t-elle poursuivi, tout en précisant qu’il n’était pas trop tard pour que les autres établissements d’enseignement supérieur qui voudraient s’implanter sur le site se manifestent.

La Société québécoise des infrastructures, qui gérera le projet de requalification de l’ensemble du site, est ouverte à recevoir d’autres propositions.

« On aimerait que ce soit un site du savoir à Montréal », a dit Danielle McCann. Elle assure que la vocation du site, « magnifique et plein de potentiel », restera publique. « On ne veut pas que ça devienne du privé, qu’on y bâtisse des condos », a assuré la ministre.