(Montréal) Alors qu’ils ont fait la grève durant l’avant-midi, jeudi, dans les écoles du Québec, les professionnels de l’éducation de la CSQ craignent d’être laissés pour compte dans le cadre de la présente négociation pour le renouvellement des conventions collectives.

Lia Lévesque La Presse Canadienne

Ils ont ainsi manifesté pour le dire, dans plusieurs villes du Québec.

Ils sont 10 000 professionnels — des orthophonistes, des psychoéducateurs et autres — qui ont tenu une demi-journée de débrayage pour faire valoir leurs revendications.

« On est comme tout le monde : on voit que le gouvernement, qui dit qu’il n’a pas d’argent, depuis le début, a trouvé 1 milliard pour améliorer les conditions de travail des enseignants. Et nous, il nous offre 1 million », a critiqué le président de la Fédération des professionnels de l’éducation, affiliée à la Centrale des syndicats du Québec, Jacques Landry, au cours d’une conférence de presse.

Pourtant, ces professionnels aident les élèves qui ont des difficultés d’adaptation ou d’apprentissage, par exemple, et soutiennent les enseignants dans leur tâche.

M. Landry affirme que plusieurs postes ne sont pas pourvus, ce qui entraîne une surcharge de travail pour ceux qui sont en place.

« La situation est catastrophique partout au Québec. Les professionnels doivent se contenter d’intervenir auprès des cas les plus urgents ou ceux qui dérangent le plus en classe », a rapporté M. Landry.

Le dirigeant syndical relate aussi que plusieurs de ses membres doivent partager leur temps entre cinq, six, voire sept écoles, au primaire.

Il soutient aussi qu’un diplômé qui arrive dans la profession commencera avec un salaire annuel d’environ 46 000 $ ou 48 000 $, alors qu’il pourrait se voir offrir 100 $ l’heure dans le secteur privé. Plusieurs font d’ailleurs le saut vers le privé ou sont tentés de le faire, relate-t-il.

Les professionnels ont fait les frais des compressions budgétaires dans le passé, déplore aussi M. Landry. Plusieurs se retrouvent aujourd’hui à contrat, à temps partiel, surnuméraire, donc vivant l’insécurité d’emploi.

Les négociations se poursuivent tout de même avec Québec, bien qu’elles n’avancent pas, selon lui. Les conventions collectives des secteurs public et parapublic sont échues depuis le 31 mars 2020.