(Québec) La députée de Québec solidaire (QS) Christine Labrie annonce qu’elle va boycotter les Rendez-vous pour la réussite éducative et possiblement lancer sa propre consultation publique.

Caroline Plante
La Presse Canadienne

Les Rendez-vous, qui se tiendront en groupes restreints et à huis clos mercredi et jeudi, sont une initiative du ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, afin de préparer la prochaine année scolaire.

Plusieurs participants se sont étonnés au cours des derniers jours que la consultation soit fermée aux députés de l’opposition, aux médias ainsi qu’au grand public.

Pour Christine Labrie, le huis clos est tout simplement inacceptable lorsque vient le temps d’aborder des enjeux comme le bien-être et la réussite des élèves.

Elle fait valoir que ces rendez-vous auraient été l’occasion pour tous les groupes de prendre connaissance des propos des participants afin d’enrichir leur propre réflexion.

« Comme le ministre ne semble pas vouloir rendre publique cette consultation-là, j’ai pris la décision de ne pas participer », a déclaré Mme Labrie en entrevue lundi.

On réfléchit en ce moment à la possibilité d’organiser nous-mêmes une consultation qui permettrait aux gens de s’exprimer publiquement sur les idées qu’ils ont pour la réussite éducative.

Christine Labrie, députée de Québec solidaire

Entre-temps, elle estime que son temps sera mieux utilisé jeudi à participer à l’étude de la réforme de l’indemnisation des victimes d’actes criminels (IVAC).

M. Roberge doit rencontrer une soixantaine d’intervenants, divisés en quatre groupes. La seule rencontre à laquelle les députés pourront participer est celle regroupant les députés.

La semaine dernière, Mme Labrie a fait parvenir un courriel au ministre Roberge, dans lequel elle écrit avoir réalisé avec « stupéfaction et déception » que la consultation ne serait pas ouverte.

« Tout ça me semble une façon un peu factice de légitimer les propositions qu’il va nous faire dans les prochaines semaines », affirme-t-elle.

Personne ne pourra savoir si ça vient vraiment de la consultation, parce que personne n’aura entendu les idées des autres !

Christine Labrie, députée de Québec solidaire

Tout comme les autres partis d’opposition, QS exige que soient rendus publics toutes les rencontres organisées dans le cadre des Rendez-vous, ainsi que l’ensemble des mémoires.

Mais contrairement à QS, ni le Parti libéral du Québec (PLQ) ni le Parti québécois (PQ) n’ont l’intention de boycotter l’évènement.

Les députées libérale et péquiste, Marwah Rizqy et Véronique Hivon, ont affirmé en entrevue lundi ne pas s’intéresser à la politique de la « chaise vide ».

« Je vais quand même y assister, tout simplement parce que je n’aime pas la chaise vide, a affirmé Mme Rizqy. Je vais apporter mes idées au ministre de l’Éducation ; je vais lui donner encore une chance. »

« Je ne passerai aucune opportunité, occasion, instance de pouvoir passer des messages, soumettre des idées, provoquer des réflexions chez le ministre et le gouvernement quand l’heure est tellement importante pour la suite des choses en éducation », a ajouté pour sa part Mme Hivon.

Trois thèmes seront abordés lors des Rendez-vous du ministre : la réussite éducative et le rattrapage, l’évaluation et les encadrements psychologiques, ainsi que la santé mentale et le bien-être à l’école.

L’objectif avoué de Jean-François Roberge est de déposer un plan d’action dès la fin avril.