(Montréal) Les élèves de 3e, 4e et 5e secondaire des régions situées en zone rouge retourneront en personne à l’école à temps plein dès lundi. Il s’agit d’un « risque », a admis mardi le premier ministre François Legault. Dans le contexte où les variants de la COVID-19 sont de plus en plus présents, d’autres auraient préféré attendre encore un peu.

Marie-Eve Morasse Marie-Eve Morasse
La Presse

Professeure à l’École de santé publique de l’Université de Montréal, Roxane Borgès Da Silva dit qu’elle aurait encore patienté avant de ramener les élèves dans les écoles secondaires à temps complet.

« On le voit, il y plusieurs éclosions dans les écoles. C’est aussi un milieu où on a de la difficulté à respecter les gestes barrières, comme les deux mètres entre les bureaux puisqu’on n’a pas la place dans les classes. Avec le variant britannique plus contagieux, j’aurais attendu un peu, mais c’est un équilibre difficile à trouver entre la santé mentale des jeunes et la santé physique », dit Mme Borgès Da Silva.

Le premier ministre a admis mardi qu’il a eu « des discussions très longues » sur le sujet.

« On prend un certain risque, de dire dans la zone rouge, les élèves de secondaire 3, 4 et 5 vont aller à l’école tous les jours, mais on calcule que c’est un risque qui en vaut la peine parce qu’il y a un impact sur les apprentissages, sur la socialisation, sur la santé mentale des jeunes », a-t-il expliqué.

Le directeur national de santé publique, le DHoracio Arruda, a ajouté qu’il y a selon lui plus de risques pour ces élèves de rester à la maison. « Il y aura des éclosions, mais on va les contrôler », a-t-il dit également.

Le ministre de l’Éducation Jean-François Roberge s’est aussi réjoui de cette annonce. « Nos élèves doivent être en classe pour le dernier droit. Soyons toutefois très vigilants », a-t-il déclaré sur Twitter.

Cette décision a été saluée par la Fédération des établissements d’enseignement privés, qui réclamait le retour de tous les élèves depuis déjà quelques semaines, tout en invitant à la prudence pour que « tous les élèves et les membres du personnel puissent fréquenter l’école jusqu’à la fin de l’année ».

Le syndicat qui représente plusieurs enseignants de ces écoles n’est pas du même avis et craint que ce retour en classe de tous les élèves ne favorise l’émergence d’une troisième vague.

« Les membres du personnel et les élèves ne sont pas plus protégés et en précipitant le retour en classe, cela peut provoquer de sérieux dommages collatéraux et accentuer la transmission du virus », a déclaré le président de la Fédération du personnel de l’enseignement privé, Stéphane Lapointe.

Il y a actuellement 23 écoles fermées en raison de la COVID-19 dans la province et 880 classes fermées, soit une augmentation de 232 classes par rapport au précédent bilan de Québec.

Avec Gabriel Béland et Fanny Lévesque