Les parents qui ont reçu les bulletins de leurs enfants l’auront peut-être constaté : le taux d’échec en français et en mathématiques au secondaire a presque doublé par rapport aux années précédentes, observe la Fédération québécoise des directions d’établissement d’enseignement (FQDE) à partir de données préliminaires. Au primaire, toutefois, les résultats restent semblables à ceux des années précédentes.

Publié le 9 févr. 2021
Marie-Eve Morasse
Marie-Eve Morasse La Presse

La Fédération a recueilli les chiffres d’environ 80 écoles primaires et d’une trentaine d’écoles secondaires de la province. Pour l’instant, « une tendance » se dégage au secondaire, dit son président, Nicolas Prévost. Tous niveaux confondus, le taux d’échec des élèves en français tourne autour de 20 %, tandis qu’il est d’environ 25 % en mathématiques. En troisième secondaire, les chiffres obtenus par la FQDE montrent que 31 % des élèves échouent leurs mathématiques.

Le taux d’échec dans ces deux matières s’élève habituellement aux environs de 10 % à 15 %, dit « d’expérience » Nicolas Prévost.

C’est un peu mieux que ce qu’on avait eu comme son de cloche, mais c’est quand même assez élevé.

Nicolas Prévost, président de la FQDE

En novembre dernier, la Fédération avait sondé ses membres et estimait que le taux d’échec oscillait autour de 30 %.

Des chiffres que certains nuançaient cependant. « Je n’aurai pas un tiers d’échecs à la fin de l’année », a dit à La Presse un directeur d’école secondaire publique le mois dernier. Il s’inquiétait toutefois du taux de réussite de ses élèves de deuxième et de quatrième secondaire, notamment en sciences et en histoire.

Le président de l’Association des directrices et directeurs généraux des établissements scolaires de l’enseignement privé (ADIGESEP), Éric Deguire, dit pour sa part qu’il s’est « toujours demandé » d’où provenait ce pourcentage selon lequel près d’un élève sur trois serait en échec.

Il ajoute que depuis novembre, les élèves et les enseignants ont eu le temps « de s’ajuster » à la réalité pandémique. « Peut-être que s’il y avait eu un bulletin en novembre, on aurait été plus près du [taux de] 30 % [d’échec] », observe M. Deguire.

À l’école qu’il dirige, le Collège Saint-Jean-Vianney, dans l’est de Montréal, le taux d’échec a augmenté de deux ou trois points de pourcentage par rapport à l’année précédente. « De notre côté, ce n’est pas la catastrophe annoncée », dit Éric Deguire. L’écart entre les élèves forts et les élèves faibles s’est agrandi, constate-t-il toutefois.

Les élèves qui ont des difficultés ont grandement souffert des mesures du printemps dernier et le rattrapage est difficile.

Éric Deguire, directeur du Collège Saint-Jean-Vianney

Rappelons que partout au Québec, les élèves du deuxième cycle du secondaire font depuis le mois d’octobre l’école à la maison une journée sur deux. Cette formule ne semble pas avoir eu d’impact sur leurs résultats scolaires par rapport aux élèves plus jeunes, note la FQDE. « On ne voit pas d’écart significatif chez ceux qui font l’enseignement à distance », observe Nicolas Prévost.

Une « bonne nouvelle » pour le primaire

Toujours selon la FQDE, tant en français qu’en maths, environ un élève du primaire sur dix serait en échec, une proportion semblable à celle des années précédentes. « C’est une bonne nouvelle », dit son président, Nicolas Prévost.

Il n’y aura cette année que deux bulletins scolaires. Le premier devait être remis au plus tard vendredi dernier. Il y a un mois, le ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge, a annoncé que sa pondération serait revue à la baisse, sans toutefois la préciser. Il disait attendre la sortie du premier bulletin avant de se prononcer.

Au cabinet du ministre Roberge, on indique que les détails sur la pondération des bulletins seront connus cette semaine. Aura-t-on aussi un aperçu des résultats scolaires des élèves québécois ? « C’est l’objectif », nous a-t-on répondu par courriel.