(Montréal) L’Alliance des professeures et professeurs de Montréal réclame la démission du ministre de l’Éducation. En période de négociation, cette demande est «un classique», répond Jean-François Roberge.

Marie-Eve Morasse Marie-Eve Morasse
La Presse

L'Alliance estime qu'il y a «une perte de confiance» envers le ministre depuis le début de la pandémie. «Avec le retour des Fêtes et les annonces de dernière minute faites alors qu’il y avait 3000 cas de COVID-19 par jour, ça a été la goutte qui a fait déborder le vase », explique sa présidente, Catherine Beauvais-St-Pierre. Elle représente 9000 enseignants de la métropole.

Mme Beauvais-St-Pierre reconnaît qu’un changement de ministre, « c’est toujours un risque », mais fait néanmoins le pari qu’il y a « d’autres personnes compétentes dans ce gouvernement ».

« Ça peut amener un vent nouveau, d’autres idées », observe Catherine Beauvais St-Pierre. Elle assure que cette sortie n’a rien à voir avec les négociations actuellement en cours dans le secteur public.

En point de presse mardi, le ministre Jean-François Roberge a pourtant estimé qu'une telle demande syndicale est «un classique» en période de négociation et qu'elle ne représente pas l'opinion d'une majorité d'enseignants.

«Je sens que les gens sont parfois fatigués de toutes ces contraintes sanitaires, mais je sens aussi qu'ils ont hâte de conclure une entente, ça fait bientôt un an que la convention est échue», a ajouté le ministre.

Mesures sanitaires dans les écoles: «on s'en tire très bien»

Mardi, l’Alliance des profs a fait parvenir une longue liste de demandes au ministre de l’Éducation, mais aussi au Directeur national de santé publique, le DHoracio Arruda. Bien que les enseignants souhaitent rester en classe avec leurs élèves, les mesures sanitaires implantées dans les écoles sont toujours jugées insuffisantes par le syndicat.

« La ventilation dans les écoles inquiète beaucoup. Le fait que ce n’est pas tous les locaux qui seront testés [pour mesurer le niveau de CO2 dans l’air] inquiète aussi », dit Catherine Beauvais-St-Pierre.

Le syndicat demande en outre que les masques médicaux soient rendus obligatoires pour tous les élèves et qu’un système de dépistage rapide de la COVID-19 soit mis en place dans les écoles.

Le ministre Roberge se dit «confiant» que tout a été fait pour «protéger la santé et la sécurité des élèves et du personnel en temps de pandémie».

«Quand on compare avec ce qui s'est passé dans d'autres provinces, d'autres États du nord-est de l'Amérique, on voit qu'on s'en tire très bien, toutes choses étant relatives», a également commenté le ministre Roberge.