(Québec) Les directions d’établissement d’enseignement constatent une augmentation fulgurante du taux d’échec dans les écoles du Québec, alors que le gouvernement Legault s’apprête à chambouler à nouveau le calendrier scolaire en prolongeant le congé scolaire des Fêtes pour imposer l’équivalent d’une quarantaine aux élèves avant qu’ils reviennent en janvier sur les bancs d’école.

Hugo Pilon-Larose
Hugo Pilon-Larose La Presse

Le président de la Fédération québécoise des directions d’établissement d’enseignement (FQDE), Nicolas Prévost, a confirmé jeudi l’information d’abord publiée par Le Journal de Québec. Si les enseignants avaient distribué ces jours-ci le premier bulletin de l’année sur trois, le taux d’échec dans certaines matières aurait été d’environ 30 %, estime-t-il. Un chiffre qu’il qualifie de « conservateur ».

En temps normal, « ça tournait autour de 10 % au premier bulletin », a expliqué M. Prévost à La Presse, jeudi. Le premier bulletin de novembre ayant été exceptionnellement annulé cette année, les enfants auront leur premier bilan des apprentissages (sur deux) en janvier. La FQDE souhaiterait que ce bulletin ne compte pas pour 50 % de l’année scolaire, afin de donner une plus grande marge de manœuvre aux élèves en situation d’échec pour qu’ils redressent la situation au cours des prochains mois.

Selon M. Prévost, cette forte augmentation du taux d’échec s’explique en bonne partie en raison du confinement total imposé aux écoles lors de la première vague de COVID-19, le printemps dernier. Malgré tous les efforts déployés dans le réseau scolaire pour rattraper le retard, certains élèves peinent à suivre le rythme des apprentissages. Prolonger le congé des Fêtes pourrait à nouveau perturber leur réussite.

Dans ce contexte, la FQDE souhaite également que Québec revoit le contenu des examens ministériels de fin d’année, afin de les élaguer et de garder que ce qui est essentiel.

« Allons-y avec les apprentissages essentiels », a réclamé M. Prévost, estimant que les conséquences de la COVID-19 se feront ressentir sur le réseau scolaire pendant des années.

« Je pense qu’il va falloir se donner une marge de manœuvre dans le temps pour rétablir la situation. On ne peut pas redresser la barre trop rapidement. Il faut se donner du temps […] pour faire la mise à niveau », a-t-il affirmé.

Le premier ministre François Legault annoncera vers 17 h, jeudi, son plan de réaménagement du calendrier scolaire pour le temps des Fêtes. Il sera accompagné pour l’occasion du ministre de l’Éducation, Jean-François Roberge. L’objectif de Québec est d’éviter que les enfants qui retourneront en classe en janvier soient d’importants vecteurs de transmission du virus dans les écoles, après avoir fréquenté des rassemblements familiaux pendant les Fêtes, où le coronavirus pourrait circuler davantage.

Chose certaine, la FQDE estime que les écoles du Québec ne seraient pas en mesure à l’heure actuelle d’assurer un enseignement à distance mur à mur à temps plein, à l’échelle de la province, si jamais les éclosions de COVID-19 se multipliaient au retour des Fêtes. Le principal problème pour y parvenir serait toujours à ce moment-ci le manque d’appareils informatiques pour connecter chaque élève du Québec à sa classe virtuelle.