(Montréal) Bien que de l’aide supplémentaire aux élèves vulnérables eut été promise durant la pandémie, comme des orthopédagogues, beaucoup d’enseignants l’attendent encore, affirme la Fédération autonome de l’enseignement (FAE).

Stéphanie Marin
La Presse Canadienne

Selon une consultation qu’elle a réalisée le mois dernier, à laquelle 1500 de ses membres ont participé, plus de 80 % des répondants du réseau public n’ont pas constaté d’augmentation des services offerts dans leur école depuis le début de l’année scolaire.

Pire, certains (environ 40 % d’entre eux) ont rapporté une diminution.

Seuls 10 % des répondants se disent satisfaits des mesures mises en place dans leur établissement pour soutenir les élèves qui ont besoin de rattrapage.

Résultat : sans aide, la tâche des enseignants est trop lourde et ils sont débordés – et épuisés, est-il rapporté. Beaucoup de ces enseignants cumulent l’enseignement à distance et en classe, et se sont retrouvés avec maintes tâches de désinfection des locaux et de matériel en plus – sur une base quotidienne.

« Les élèves n’ont aucun service à l’école virtuelle : pas d’orthopédagogie ou de services de professionnels même s’ils ont un plan d’intervention très critique », a écrit un enseignant en réponse aux questions de la consultation.

Cette consultation de la FAE visait à mieux connaître les besoins pédagogiques du personnel enseignant en ces temps de pandémie et à vérifier les effets réels des mesures additionnelles annoncées par le ministère de l’Éducation dans son plan de la rentrée.

Par exemple, à la mi-août, le ministre de l’Éducation Jean-François Roberge avait annoncé 20 millions pour embaucher davantage d’enseignants, de professionnels et de tuteurs pour organiser des activités de rattrapage, de récupération et d’aide aux devoirs. Il était aussi question de mieux soutenir les élèves en difficulté et ceux ayant des difficultés d’apprentissage. Auparavant, il avait annoncé 18,7 millions pour l’embauche de 350 nouveaux enseignants, orthopédagogues, psychologues, psychoéducateurs, etc.

La FAE presse donc le ministre d’intervenir rapidement pour offrir aux élèves les services dont ils ont besoin.

Ce faisant, il va aussi aider leurs enseignants.

« Les réponses recueillies montrent l’urgence d’intervenir rapidement afin d’atténuer les impacts considérables de la pandémie sur les pratiques pédagogiques des enseignantes et enseignants ainsi que sur leur santé », a déclaré dans un communiqué Nathalie Morel, vice-présidente à la vie professionnelle à la FAE.

« La crise sanitaire actuelle est venue exacerber les conditions difficiles dans lesquelles s’exerce la profession enseignante. »

Contactés en matinée pour savoir si l’argent promis avait bel et bien été déboursé et remis aux écoles pour ajouter des ressources, ni le cabinet du ministre de l’Éducation ni le ministère n’avaient répondu en début de soirée.

La FAE regroupe neuf syndicats qui représentent près de 49  000 enseignants, notamment au préscolaire, primaire et secondaire.