(Montréal) Les enseignants retraités qui reviendront dans les écoles seront payés à l’échelle salariale à laquelle ils étaient lors de leur départ, annonce le ministre de l’Éducation, qui estime que cette hausse de salaire pourrait attirer jusqu’à 800 enseignants, malgré la pandémie.

Marie-Eve Morasse Marie-Eve Morasse
La Presse

Dès son premier jour de suppléance, un enseignant qui a pris sa retraite après le 1er juillet 2015 sera rémunéré à l’échelle salariale qui prévalait à son départ. Habituellement, ce taux est appliqué qu’après 20 jours de suppléance.

Un enseignant retraité pourra ainsi gagner un maximum de 412$ par jour, comparativement au maximum habituel de 212$, sans pénalité sur ses prestations de retraite.

Environ 8000 enseignants ont pris leur retraite depuis cinq ans et le ministre de l’Éducation estime qu’environ 10% d’entre eux pourraient répondre à son appel, même alors que le Québec entre dans une deuxième vague de COVID-19.

«C’est une opération qui vise les jeunes retraités, ce sont des gens qui sont encore dans la force de l’âge et qui ne sont pas réellement vulnérables à la COVID parce qu’ils sont encore assez loin de la limite de 70 ans de la Santé publique», explique le ministre Jean-François Roberge en entrevue.

Appelé à commenter les conditions de travail des enseignants qui pourraient en rebuter certains, le ministre a estimé que les profs «sont en général très heureux dans leur classe».

L'appel de Québec assorti d'un salaire presque doublé est «une main tendue que plusieurs seront bien contents de saisir», ajoute Jean-François Roberge. Il invite les retraités à retourner dans les écoles où ils ont enseigné, ou encore à passer par le centre de services. «Ça va être assez simple», dit le ministre.

Le ministère de l’Éducation affirme que la pénurie d’enseignants frappe moins fort cette année que l’année dernière, puisqu’il manquait en date de lundi 117 enseignants à temps plein, contre 135 en septembre 2019.

«Certains centres de services scolaires sont aux prises avec une banque de suppléance plus restreinte que les années précédentes en raison de la pandémie», précise toutefois le ministère dans un communiqué émis mardi.

En entrevue à La Presse lundi, le président de la Fédération québécoise des directions d’écoles, Nicolas Prévost, estimait que le réseau scolaire est «sous pression» pour trouver du personnel.

L’idée de ramener des enseignants retraités dans les écoles avait été évoquée par le ministre de l’Éducation dès mars 2019.

« On n'a pas leurs numéros de téléphone, parce que je pense que je les appellerais personnellement pour leur dire : "On a besoin de vous, revenez, on croit en vous, on va vous aider à aider les élèves" », avait alors déclaré Jean-François Roberge.