Alors que les 10 000 responsables de services de garde en milieu familial syndiquées à la CSQ en sont à leur deuxième journée de grève générale et illimitée, une première rencontre de médiation a eu lieu mardi.

Lia Lévesque
La Presse Canadienne

C’est le ministère de la Famille qui a demandé cette médiation, après une séance intensive de négociations, la fin de semaine dernière, qui n’avait pas permis aux parties de s’entendre pour éviter la grève générale et illimitée. Celle-ci a été déclenchée tôt lundi matin, après une grève tournante qui avait eu lieu du 1er au 18 septembre, touchant tour à tour les régions du Québec.

La médiatrice nommée au dossier a commencé son travail mardi à 9 h 30. Habituellement, un médiateur rencontre chaque partie séparément, avant de les amener à la table ensemble pour tenter de les rapprocher.

La Fédération des intervenantes en petite enfance, affiliée à la CSQ, qui représente les grévistes, s’attendait à ce que la rencontre de médiation dure toute la journée et au-delà.

Lors d’entrevues qu’il a accordées à différents médias, le ministre Mathieu Lacombe a dit espérer que l’étape de la médiation faciliterait les discussions entre les parties. Les négociations avaient commencé en mars 2019 ; une quarantaine de rencontres ont eu lieu.

La FIPEQ a dit espérer mardi que cette médiation se déroule « le plus rapidement possible ». La fédération ne voulait pas de médiation et aurait préféré l’arbitrage — où un arbitre, une tierce personne, tranche la question. Mais Québec a refusé l’arbitrage.

Litige

La rémunération est au cœur du litige, maintenant, les autres points ayant été réglés, avait indiqué lundi la présidente de la FIPEQ, Valérie Grenon.

Selon le syndicat, la dernière offre du gouvernement équivaut à 12,83 $ l’heure, une fois les calculs faits à partir de la subvention reçue du ministère. La FIPEQ revendique 16,75 $.

Mais, en fait, ces responsables de services de garde en milieu familial ne sont pas rémunérées à l’heure ; elles reçoivent une subvention de 43 000 $ du ministère pour leur garderie à domicile. De plus, elles touchent les contributions parentales de 8,35 $ par enfant par jour, desquelles elles touchent 7 $ par enfant par jour. Si elles accueillent le maximum permis de six enfants, elles touchent donc 53 270 $.

La question est donc de savoir comment soustraire de ce montant leurs dépenses réelles, comment faire les calculs en fonction de leurs heures de travail — d’où les divergences quant à la rémunération réellement versée.

Le ministère assure qu’il se montre équitable et offre une rémunération convenable, d’autant plus qu’elles font le choix de travailler à la maison et qu’elles peuvent déduire au plan fiscal une partie de leurs dépenses : hypothèque, chauffage, électricité.

La CSQ et sa FIPEQ invitent le ministre à rendre publics les chiffres sur lesquels il se base pour effectuer ses calculs. Elles disent refuser d’être considérées comme du « cheap labour ». Et elles l’invitent à déposer de nouvelles offres.