Loin de se résorber, l’écart de scolarisation en faveur des femmes se creuse. Selon les plus récentes données, il atteint 12 points de pourcentage en faveur des femmes de 25 à 34 ans. Dans le Bas-Saint-Laurent, la Gaspésie, les Îles-de-la-Madeleine et dans Chaudière-Appalaches, cet écart dépasse même les 15 points dans le même groupe d’âge.

Louise Leduc Louise Leduc
La Presse

« Loin de se résorber, cet écart devrait continuer d’augmenter au fil du temps en raison de l’avancement en âge des jeunes cohortes au sein desquelles l’écart est particulièrement élevé », souligne l’Institut de la statistique du Québec dans un rapport tout chaud sur les diplômés universitaires basé sur les données de recensement de 2016.

Le commerce et l’administration sont les domaines d’études les plus courants chez les titulaires d’un grade universitaire, peu importe le sexe, bien que soit davantage le cas chez les hommes (26,4 %) que chez les femmes (20,9 %).

Par ailleurs, 22,9 % des titulaires d’un grade universitaire ont obtenu leur titre scolaire le plus élevé dans un domaine d’études lié aux sciences, à la technologie, au génie et aux mathématiques.

Une proportion deux fois plus grande d’hommes que de femmes a obtenu un titre scolaire dans le domaine du génie et de la technologie du génie. Par contre, en mathématiques, en informatique et en sciences de l'information, les proportions hommes-femmes sont presque identiques parmi les titulaires d'un grade universitaire.

Au Québec, 25,5 % de la population âgée de 25 à 64 ans détient un grade universitaire. C’est moins qu’en Ontario, qu’en Alberta, qu’en Colombie-Britannique et qu’au Canada dans son ensemble, écrit Christine Lessard, agente de recherche à l’Institut de statistique du Québec.

Cependant, si les Québécois sont moins nombreux que les autres Canadiens à avoir un diplôme universitaire, ils sont par contre plus enclins que les autres Canadiens à avoir poussé leur scolarité tout de même plus loin que la seule école secondaire.

C’est en effet au Québec que la proportion de personnes de 25 à 64 ans qui ont tout au plus un diplôme d’études secondaires ou une attestation d’équivalence est la plus faible. Cela se vérifie chez les hommes et chez les femmes de tous les groupes d’âge, sauf celui des 55-64 ans.

Grâce aux immigrants

L’étude fait remarquer que l’immigration « a fortement contribué à la croissance de la population des titulaires d’un grade universitaire ».

En 2016, les immigrants représentent plus du quart (25,5 %) de la population québécoise des titulaires d’un grade universitaire.

Bien que hautement scolarisés, les immigrants demeurent désavantagés sur le marché du travail.

« Quel que soit le grade obtenu, les immigrants sont moins nombreux que les non-immigrants à occuper un emploi professionnel et plus nombreux qu’eux à occuper un emploi de moindre niveau de compétence, c’est-à-dire un emploi qui n’exige pas de formation universitaire. »