(Ottawa) Deux coalitions représentant des centaines de milliers d’étudiants de niveau postsecondaire au Canada demandent au gouvernement fédéral d’oublier sa Bourse pour le bénévolat étudiant et de réaffecter son budget de 900 millions à d’autres programmes d’aide aux étudiants.

La Presse canadienne

Le programme de bourse d’études, dévoilé pour la première fois par les libéraux en avril, proposait de verser aux étudiants jusqu’à 5000 $ pour leurs futurs droits de scolarité, en fonction du nombre d’heures de bénévolat effectué cet été.

Mais le déploiement de ce programme connaît des embûches depuis que l’organisme choisi par Ottawa pour l’administrer, UNIS, s’est retiré en pleine controverse éthique impliquant Justin Trudeau. L’organisme a déjà versé des honoraires à la mère et au frère du premier ministre.

Pour la Fédération canadienne des étudiantes et étudiants et l’Alliance canadienne des associations étudiantes, il est clair que le programme ne fournira pas l’aide financière attendue.

La Fédération, qui représente 64 associations au pays, croit que les étudiants pourraient ne pas être en mesure d’accumuler suffisamment d’heures de bénévolat pour recevoir une bourse, car le mois d’août approche et on ne sait toujours pas à quel moment le programme sera disponible. La Fédération, qui soutient représenter 500 000 étudiants, demande aux libéraux de consacrer tout l’argent prévu au programme à une prestation d’urgence pour les étudiants sans emploi.

L’Alliance canadienne des associations étudiantes (23 membres, qui représentent 264 000 étudiants), croit elle aussi que cet argent devrait être redirigé vers l’aide aux étudiants qui reprendront les cours en septembre, mais elle ne précise pas de mécanisme à utiliser.

L’Alliance estime néanmoins qu’il serait trop tard pour réaffecter des sommes dans la Prestation canadienne d’urgence pour les étudiants, créée pendant la pandémie, ou dans le programme Emplois d’été Canada, qui subventionne les salaires des étudiants dans les petites entreprises et les organismes sans but lucratif.

Le ministre Morneau doit comparaître

Cet appel des étudiants a été lancé mercredi avant la comparution du ministre des Finances, Bill Morneau, devant un comité de la Chambre des communes qui étudie le contrat accordé à UNIS.

M. Morneau s’est déjà excusé de ne pas s’être retiré des discussions du cabinet lors de l’octroi du contrat, étant donné que ses filles ont des liens avec UNIS — l’une travaille même au sein de l’organisme. Le ministre sera interrogé mercredi après-midi sur l’accord avorté qui aurait permis à UNIS de recevoir plus de 43,5 millions pour ses services.

Le ministre des Finances et le premier ministre font l’objet d’une enquête du commissaire à l’éthique pour de possibles violations des règles sur les conflits d’intérêts. Les libéraux soutiennent que ce sont des hauts fonctionnaires qui ont recommandé UNIS pour le contrat, car c’était la seule organisation au pays à pouvoir administrer un tel programme aussi rapidement et aussi largement.

Mardi, le plus haut fonctionnaire du Canada a déclaré qu’il ne pouvait s’imaginer que le ministre des Finances et le premier ministre puissent être absents des discussions sur un programme aussi vaste et aussi coûteux.