Si la COVID-19 forçait la fermeture des écoles à l’automne, les enseignants devraient assurer sensiblement les mêmes prestations qu’au printemps dernier, indique un document du ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur obtenu par La Presse. Par ailleurs, la plupart des centres de services scolaires n’ont toujours pas élaboré leur plan d’urgence en cas de reconfinement.

Marie-Eve Morasse Marie-Eve Morasse
La Presse

En juin, Québec a transmis aux centres de services scolaires un aide-mémoire pour l’élaboration d’un plan d’urgence en cas de reconfinement à l’automne. En annexe, on y retrouve les « Responsabilités des enseignants durant la période de fermeture des écoles ».

On y apprend que, « sauf exception », tout le personnel scolaire devra offrir une prestation de travail complète si les écoles fermaient de nouveau. Comme au printemps dernier, un enseignant devrait assurer des « contacts fréquents et un suivi hebdomadaire personnalisé [à distance] auprès de l’ensemble de ses élèves », indique-t-on également. Le personnel serait de nouveau appelé à adapter les trousses pédagogiques élaborées par le ministère de l’Éducation.

Quant à l’enseignement par visioconférence, Québec indique que le personnel enseignant « pourra organiser sa classe en mode visioconférence en utilisant la caméra d’un ordinateur pour offrir des cours en direct aux élèves. À cet effet, il faudra alors aviser les familles de l’horaire prévu en utilisant les trousses pédagogiques et les plans de travail envoyés chaque semaine », note-t-on dans ce même document.

À ce sujet, la députée libérale Marwah Rizqy s’inquiète du fait que Québec n’a pas pris le virage numérique.

PHOTO JACQUES BOISSINOT, ARCHIVES LA PRESSE CANADIENNE

La députée Marwah Rizqy

« Il n’y a pas eu assez de tablettes ce printemps, elles sont arrivées en retard. On a demandé un paquet de fois : “Où vont être distribuées les tablettes promises ? Est-ce qu’on va privilégier les élèves du secondaire qui ont été laissés pour compte ?” Je suis préoccupée que ça ne soit pas encore fait », dit Mme Rizqy, critique en matière d’éducation pour son parti.

Selon les estimations du ministère de l’Éducation, 80 000 élèves n’ont pas accès au matériel nécessaire pour poursuivre leur apprentissage à distance. Québec a débloqué en mai dernier 150 millions pour permettre aux écoles publiques d’acheter 200 000 tablettes et ordinateurs pour la rentrée afin que le réseau scolaire soit prêt à faire face à toute éventualité.

Les plans d’urgence attendront à septembre

Par ailleurs, la plupart des centres de services scolaires en sont encore à élaborer leur plan d’urgence en cas de reconfinement, que Québec leur demande de remettre au plus tard à la mi-septembre.

La Presse a demandé à tous ces centres de fournir une copie de ce protocole en vertu de la Loi sur l’accès à l’information. Parmi la trentaine qui nous ont répondu à ce jour, un seul a terminé le sien : il s’agit du Centre de services scolaire de la Riveraine, à Nicolet.

Les autres, dont le Centre de services scolaire de Montréal, ont répondu qu’ils ne pouvaient fournir leur protocole d’urgence puisqu’il était encore une « ébauche », un « brouillon » ou « en cours d’élaboration ». Le Centre de services scolaire de la Région-de-Sherbrooke est plus précis : ce protocole « sera élaboré au retour des vacances estivales, au mois d’août prochain ».

Au Centre de services scolaire de la Beauce-Etchemin, on explique que comme ce protocole est « attendu pour le 15 septembre 2020 par le ministère de l’Éducation et de l’Enseignement supérieur, il ne sera pas prêt avant ».

Il sera déjà tard, estime la députée libérale Marwah Rizqy. « On nous parle d’une deuxième vague depuis avril, début mai. On pouvait très bien apprendre de la première vague et avoir les outils nécessaires », dit-elle.

Ce plan doit détailler ce qui serait fait pour « assurer efficacement la continuité des apprentissages auprès de tous les élèves et de tous les étudiants ».

Il ratisse large : les centres de services scolaires doivent par exemple y indiquer la personne dans leur organisation ou dans les écoles qui sera responsable de « déployer la plateforme d’apprentissage à distance », de « nettoyer les lieux fréquentés par un individu potentiellement infecté » ou encore de « dresser la liste des élèves vulnérables ».

– Avec William Leclerc, La Presse