Il y a équilibre budgétaire, un gouvernement qui dit privilégier l'éducation, un syndicat de professeurs qui a signé sa convention collective en moins de deux, des bourses plus généreuses et aucun grand mouvement de protestation en vue. Tout n'est pas parfait, mais l'Université du Québec à Montréal (UQAM) souffle cette semaine ses 50 bougies dans une certaine quiétude.

LOUISE LEDUC LA PRESSE

En entrevue avec La Presse, la rectrice Magda Fusaro dit de l'UQAM qu'à 50 ans, elle est « forte » et « bien outillée » pour affronter les défis.

Quels sont-ils ? Le premier de tous, étrangement, c'est le faible taux de chômage. Car s'il est difficile pour l'UQAM de recruter davantage d'étudiants, ce n'est pas tant en raison de la baisse démographique, qui touche toutes les universités, « que des variations de population en emploi », note Mme Fusaro.

Pour le baccalauréat et les études supérieures, ça se maintient. Par contre, les gens ont moins tendance à avoir besoin de retourner aux études pour réorienter leur carrière à l'heure actuelle, si bien que pour les certificats, « c'est plus difficile ». 

Au premier cycle, il y a donc une baisse de 1,7 % du nombre d'étudiants.

Il est aussi plus tentant, en situation de plein emploi, de ne pas terminer ses études, et la question de la persévérance scolaire devient un enjeu.

Le fait que les différentes universités s'arrachent les étudiants en offrant des cours sur les mêmes territoires n'aide en rien, suggère-t-on. « La délocalisation des universités, c'est un débat qu'il faudra avoir avec l'ensemble des recteurs », croit Mme Fusaro.

Programme de bourses amélioré

À court terme, pour attirer des étudiants et les retenir, l'UQAM s'apprête à améliorer son programme de bourses à l'automne. Ainsi, « il y aura un programme de bourses universelles au doctorat et on va plus que doubler le nombre de bourses d'études à la maîtrise », souligne Mme Fusaro, qui espère que des bourses supplémentaires s'ajouteront aussi au baccalauréat.

Mme Fusaro, qui a été à peu près absente dans les médias depuis sa nomination en janvier 2018, dit avoir passé beaucoup de temps sur la question de la rémunération des stages, un sujet chaud pour l'ensemble des universités. « Je milite pour la reconnaissance de tous les stages, qu'il s'agisse de compensations, de bourses, de rémunération ou de crédits. Ça peut prendre différentes formes. »

Pour le reste, la rectrice est rassurée que le gouvernement caquiste comprenne à quel point l'éducation est un vecteur majeur de développement.