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L'eau coule au département de géographie de l'UdM

MARIE-EVE MORASSE
La Presse

C'est presque à un cours de géographie appliquée qu'ont eu droit des étudiants de l'Université de Montréal en janvier. Deux fois plutôt qu'une, de l'eau s'est infiltrée dans des locaux du bâtiment qui abrite le département de géographie, si bien que les étudiants ont fait la grève pour obtenir l'assurance que les lieux n'étaient pas contaminés.

Les dommages causés par l'eau sont encore visibles sur les murs et des appareils de filtration de l'air ronronnent dans les corridors à chaque étage du bâtiment. Des locaux sont condamnés, deux laboratoires de recherche ont été touchés, mais l'Université affirme que les lieux sont salubres et propices à l'enseignement.

Fin janvier, une fenêtre laissée ouverte a fait geler un radiateur et fait éclater un conduit, puis un autre événement « aussi lié au chauffage » a fait couler l'eau une seconde fois dans le pavillon Strathcona, un bâtiment construit en 1898 que l'Université de Montréal loue depuis une trentaine d'années à la Commission scolaire Marguerite-Bourgeoys (CSMB).

Une firme externe mandatée pour évaluer les dommages causés par l'infiltration d'eau a constaté des concentrations anormales de spores de champignons Aspergillus ainsi qu'une « faible présence » de spores de Stachybotrys.

« La détection de ce genre de microorganismes [...] peut indiquer la présence possible de sources de développement fongique ou la présence de condensation excessive et/ou d'une infiltration d'eau répétée, soit des conditions favorisant la croissance fongique », a écrit l'Université dans un message envoyé aux employés et étudiants du département de géographie au début du mois.

« Des travaux ont été faits pour assécher, assainir les locaux touchés pour ne pas créer des conditions pour la prolifération de moisissures. On fera d'autres tests pour s'assurer que ces mesures ont été efficaces. »

- Sophie Langlois, porte-parole de l'Université de Montréal

Les travaux sont réalisés conjointement par l'Université de Montréal et la CSMB.

Certains étudiants ne sont guère impressionnés par leur lieu d'étude. « Je trouve ça ironique que nous ayons des cours sur les études d'impacts qui nous montrent comment mettre à l'oeuvre des principes de précaution ainsi que de prévention au niveau de l'environnement, alors que notre environnement d'étude est lui-même complètement négligé », écrit à La Presse une étudiante en géographie.

Estimant que l'Université n'agissait pas assez vite dans ce dossier, les étudiants aux cycles supérieurs en géographie ont déclenché une grève ce mois-ci pour obtenir des réponses à leurs questions. En entrevue au journal étudiant Quartier libre, un porte-parole de l'association qui représente ces étudiants a déploré la lenteur de réaction de l'Université.

Les deux associations représentant les quelque 370 étudiants en géographie n'ont pas souhaité nous accorder d'entrevue à ce sujet.

Des problèmes récurrents

Un avis affiché sur la porte d'un local indique aux usagers qu'ils doivent fermer les fenêtres en quittant les lieux « afin de réduire au minimum le risque de gel des tuyaux et les dégâts d'eau qui pourraient s'ensuivre ». C'est justement ce qui s'est passé en janvier.

Cet avis date de 2016, ce qui témoigne du fait que les problèmes de locaux surchauffés et les dégâts d'eau sont habituels dans ce pavillon. En 2011, des professeurs du département de géographie de l'Université de Montréal avaient déjà fait connaître leur exaspération à la direction et La Presse avait publié un article sur l'insalubrité du bâtiment.

L'an prochain, le département de géographie déménagera dans le nouveau Complexe des sciences de l'Université de Montréal. La Commission scolaire Marguerite-Bourgeoys retrouvera l'usage du bâtiment et affirme que des cours y seront donnés.

Plusieurs étudiants rencontrés cette semaine ont dit avoir, malgré tout, un attachement pour ce pavillon. « Ce n'est pas laissé à l'abandon, mais on l'occupe en sachant qu'on va déménager éventuellement. L'entretien continue de se faire, mais on sait qu'on doit déménager depuis longtemps », dit Sophie Langlois, porte-parole de l'Université.




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