Incapables d'en arriver à une entente dans la négociation d'une nouvelle convention collective, les 200 tuteurs de l'Université TELUQ ont déclenché la grève générale illimitée hier soir.

Mis à jour le 29 janv. 2019
MARIE-EVE MORASSE LA PRESSE

Après 17 mois de négociations en présence de conciliateurs du ministère du Travail, de l'Emploi et de la Solidarité sociale, le syndicat affirme que l'employeur laisse toujours « planer le doute » sur l'éventuelle mise à pied d'enseignants.

On craint notamment qu'une partie du travail des tuteurs, dont la correction, soit confiée à des employés contractuels moins qualifiés que les enseignants syndiqués, qui ont en moyenne 14 ans d'ancienneté.

« Les membres étaient très indignés de la dernière offre patronale. Ce n'est pas de gaité de coeur qu'on a décidé de suspendre l'encadrement des étudiants, mais l'enjeu est encore que la TELUQ ne veut pas nous garantir que les tuteurs vont pouvoir continuer leur travail », dit Nancy Turgeon, présidente du Syndicat des tuteurs et tutrices de la Télé-université.

Le syndicat affirme que 20 000 étudiants se retrouvent ainsi dans l'impossibilité de poursuivre leur formation, ce que nie l'Université sur son site internet.

« L'Université TELUQ prend les moyens appropriés pour minimiser les impacts sur le cheminement de ses étudiants. Notez que tous les services de l'Université TÉLUQ ont cours comme à l'habitude », peut-on y lire.

La TELUQ a été créée en 1972. En juillet dernier, son directeur général a été relevé de ses fonctions par le ministère de l'Éducation et de l'Enseignement supérieur en raison de la découverte de « sérieuses anomalies » dans la gestion de l'université, notamment pour des contrats accordés à l'institut MACTI, à qui on avait confié une partie de l'encadrement des étudiants.

La nomination d'André G. Roy à titre de directeur général par intérim quelques semaines plus tard avait été saluée par le syndicat des enseignants de la TELUQ.

« Avec l'arrivée de M. Roy à la direction de la TÉLUQ, le syndicat s'attend donc à une nouvelle ère de transparence et de collaboration avec les employés », déclarait alors le syndicat, selon lequel le tiers des 20 000 étudiants était suivi par des tuteurs embauchés en sous-traitance.

Le recours à la sous-traitance a depuis été abandonné par la TELUQ.