Un élève pourra être exempté du nouveau programme d'éducation à la sexualité à la condition que la demande de ses parents réponde aux critères «très stricts» qui seront annoncés bientôt.

Publié le 26 avr. 2018
Tommy Chouinard LA PRESSE

«Il y aura la capacité de s'exempter», a indiqué le ministre de l'Éducation, Sébastien Proulx, lors d'une mêlée de presse jeudi, lorsque questionné pour savoir si la formation sera obligatoire. «Par contre, il y aura un cadre de restriction très strict. Il y aura, et c'est dans mes intentions, une obligation de rencontrer personnellement les gens (qui font une demande). Ce ne sera pas parce que je veux m'exempter que je vais être exempté.»

Il a rappelé que «l'éducation à la sexualité sera donnée dans l'ensemble des écoles du Québec à compter de septembre prochain». Il a également fait valoir qu'«il y a une grande acceptabilité sociale au retour de ces enseignements».

Mais «il y aura des situations où il pourra y avoir exemption, et ce serait très malhabile de ma part d'être capable de les identifier aujourd'hui alors que les critères sont en rédaction».

Il a donné un seul exemple de demande d'exemption qui serait acceptée, celui d'un enfant qui aurait été victime de violences sexuelles. «Je suis capable de reconnaître qu'en certaines circonstances précises, il n'est pas dans l'intérêt de l'enfant d'être exposé à ces situations, et je pense aux enfants vulnérables», a-t-il dit.

Et si un parent revendique une exemption pour son enfant sur la base de ses valeurs? «Vous verrez quand on va mettre en place les différentes mesures», s'est-il contenté de répondre.

Et si l'on invoque des motifs religieux? «Moi, je ne crois pas» qu'une exemption serait alors acceptée. «On n'est pas dans cet exemple-là dans ma réflexion. Maintenant, je vais quand même me conformer et nous obliger à nous conformer aux lois et aux chartes en vigueur.»

«Nous souhaitons un mécanisme qui soit restrictif, je le veux le plus restrictif possible, a-t-il ajouté. Quelqu'un qui dirait "Moi, je ne veux pas que mon enfant ait accès (au programme) parce qu'il a 8 ans et qu'à 8 ans je ne veux pas qu'il ait accès à ca", à mon avis ce n'est pas une bonne raison.» Les écoles auront la responsabilité d'évaluer les demandes d'exemption sur la base des critères fixés par Québec.

Sébastien Proulx annoncera bientôt «des directives à l'égard de la capacité pour certains de se retirer de ces cours comme il existe dans d'autres formations». Il a évoqué le cours d'Éthique et de culture religieuse (ECR). Or ce cours est obligatoire.

La Cour suprême a rejeté en 2012 la demande de parents réclamant que leurs enfants soient exemptés de ce cours. Elle statuait que cet enseignement ne porte pas atteinte à la liberté de religion. Elle venait ainsi approuver le caractère obligatoire de ce cours.