La longue grève étudiante qui a perturbé le Québec au printemps dernier laisse encore des traces. C'est particulièrement visible lorsqu'il est question du droit de grève des étudiants.

Pascale Breton LA PRESSE

Questionnés pour savoir si les élèves et étudiants devraient avoir le droit de grève dans les cégeps ou les universités, les répondants se sont dits en majorité (64%) opposés à l'idée.

Cette opposition au droit de grève se fait sentir avec plus d'acuité dans la population plus âgée. La moitié (49%) des jeunes de 18 à 34 ans s'oppose au droit de grève. Cette proportion grimpe toutefois à 60% chez les 35-54 ans et atteint 79% chez les personnes de 55 ans et plus.

Les appuis au droit de grève se sont effrités depuis le printemps. En mai dernier, lorsque CROP a posé la même question, près de la moitié des répondants soutenait alors l'idée. «On a pu mesurer les conséquences depuis. La grève était vue alors comme quelque chose de sympathique, avec une jeunesse qui se mobilisait. On a vu les impacts que cela a donnés», analyse Youri Rivest, vice-président de CROP, en faisant référence aux perturbations dans les rues et aux trimestres reportés.

Par ailleurs, si le gouvernement choisissait d'accorder le droit de grève aux étudiants, une forte majorité de répondants (82%) est d'avis qu'il faudrait encadrer ce droit avec des règles universelles, notamment le vote secret.