La Fédération étudiante universitaire du Québec (FEUQ) portera des revendications de l'aile jeunesse du Parti québécois au Sommet sur l'enseignement supérieur, présenté comme un événement apolitique.

Marie-Michèle Sioui LA PRESSE

Dans un point de presse conjoint, la FEUQ et le Comité national des jeunes du Parti québécois (CNJPQ) ont rappelé dimanche les idées sur lesquelles ils se rejoignent, à savoir l'amélioration des conditions de vie des étudiants et l'accessibilité aux études. «On s'est demandé si la FEUQ pouvait amener nos demandes à la table», a déclaré le président du CNJPQ, Frédéric St-Jean. «Beaucoup de nos membres sont étudiants», a également rappelé celui dont l'organisation prône le gel des frais de scolarité dans une perspective de gel, une position plus rigide que celle de la FEUQ, qui exige plutôt un gel accompagné de mesures d'aide financière. Pas question, toutefois, de se rapprocher du Parti québécois (PQ), assure la présidente de la FEUQ, Martine Desjardins, à propos de qui la première ministre Pauline Marois a déclaré récemment qu'elle ferait «une députée extraordinaire». Sa fédération reste indépendante et neutre et «n'appuie pas du tout» l'indexation avancée par les péquistes, atteste la jeune femme. «Je n'ai jamais été approchée par le PQ ou par d'autres partis. Je ne monnaye pas une carrière politique», martèle-t-elle.

La FEUQ et le CNJPQ réclament une actualisation du programme d'aide financière aux études. Une hausse du seuil de contribution parental à un niveau minimal de 45 000$ s'impose aussi, selon Martine Desjardins. «Il faut élargir le discours aux conditions de vie des étudiants et tenir compte des mesures parallèles comme la gratuité du transport en commun et l'aide au logement», renchérit Frédéric St-Jean, dont l'organisation a choisi de ne pas approcher la Fédération étudiante collégiale du Québec et l'Association pour une solidarité syndicale étudiante (ASSÉ).

La première a déjà fait part de ses demandes pour le Sommet et a proposé la création d'un chantier de travail, sorte de rétrospective de la grande rencontre. L'ASSÉ, qui a choisi de boycotter le Sommet, entend plutôt prendre la rue pendant la deuxième journée de l'événement, mardi, pour se faire entendre. L'Association rappelait dimanche qu'elle ne mène pas sa lutte seule et remettait la «Déclaration de la Base contre le Sommet», un manifeste signé par près de 50 organisations, dont une poignée est née pendant le conflit étudiant. Comme l'ASSÉ, le regroupement Têtes blanches, carré rouge, les Mères en colère et solidaires et les Infirmières contre la hausse, entre autres, ont dénoncé un sommet qu'ils estiment basé sur «des querelles de chiffres», et non sur le rôle fondamental des universités. Les orientations et la durée de la consultation, rebaptisée «sommet de l'indexation» par la porte-parole de l'ASSÉ, Blandine Parchemal, ont également été identifiées comme des irritants. «On demandait des états généraux (pendant le conflit), et là on a une journée et demie», a laissé tomber la porte-parole. À ce sujet, l'ASSÉ bénéficie de l'appui de la FEUQ. «La discussion au sujet des frais de scolarité est prévue lundi soir», a rappelé Martine Desjardins. «On l'attend, et on est très préparés.» La méfiance s'entend dans la voix de la porte-parole, qui a vu les péquistes porter le carré rouge au printemps dernier, puis le retirer. «Il faut que le débat soit ouvert, on ne veut pas que ce soit juste les positions électoralistes qui soient à la table», affirme Martine Desjardins. «Mais on est quand même réalistes, on sait que le gouvernement veut être réélu.» Quand même, elle juge qu'un gouvernement ne doit pas gouverner selon les sondages, mais bien pour l'ensemble du Québec. «Il faut régler certains éléments, et non pas appuyer les jeunes pour se faire élire, puis changer d'idée. C'est beau les discussions, mais il faut aussi des décisions.»