Bien que toutes les places en service de garde promises en 2008 n'aient pas encore été créées, Québec annonce l'ajout de 15 000 autres nouvelles places, la totalité «en installation», c'est-à-dire en Centre de la petite enfance (CPE) ou en garderies subventionnées.

Pierre Saint-Arnaud LA PRESSE CANADIENNE

La ministre de la Famille, Yolande James, a promis lundi que ces 15 000 places seraient livrées entre 2012 et 2016.

Mme James a par ailleurs refusé de donner un échéancier pour la création des 4300 places sur les 18 000 promises en 2008 qui tardent à se concrétiser, se contentant d'indiquer que le rythme de création du ministère se situait autour de 5000 places par année.

La répartition des 15 000 nouvelles places a déjà été déterminée et ce sont les couronnes sud et nord de Montréal - la Montérégie (3659 places) et Laurentides-Lanaudière (3285 places) - qui recevront le plus grand nombre de ces places, compte tenu des pressions démographiques que connaissent ces régions. Cependant, les régions de Montréal (1990 places), Québec (1485), Chaudière-Appalaches (866 places) et l'Outaouais (628 places) jouiront également d'ajouts.

Une fois toutes ces places créées, ce sont 235 000 enfants québécois qui fréquenteront un service de garde subventionné.

Mme James a expliqué en conférence de presse lundi à Saint-Lambert que les groupes intéressés auront jusqu'au 24 février pour présenter leur projet, afin de leur donner amplement de temps pour bien ficeler tous les éléments. Selon elle, un manque de préparation dans plusieurs dossiers explique les retards relativement aux nouvelles places annoncées en 2008.

«Je tiens à préciser que ce n'est pas une course. L'idée à retenir, et c'est bien important, c'est de présenter les projets les plus solides possibles. On laisse plus de temps cette fois-ci, parce qu'on veut des projets mieux attachés», a-t-elle mentionné.

Par ailleurs, la répartition de ces nouvelles places sera de 65 pour cent en CPE et de 35 pour cent en garderies privées subventionnées. Elle a également précisé que les garderies privées non subventionnées ne pourront soumissionner.

«Le gouvernement s'est engagé à créer 15 000 nouvelles places, et on a dit très clairement que l'on ne fera pas de conversion de places», a précisé la ministre.

Cette proportion a soulevé l'ire du président de l'Association des garderies privées du Québec (AGPQ), Sylvain Lévesque, qui a fait valoir que Québec aurait eu tout à gagner à se tourner davantage vers le secteur privé.

Selon M. Lévesque, les garderies privées ont toujours réussi à réaliser leurs projets à l'intérieur de six mois, alors que sur les 6000 places prévues en CPE dans l'annonce de 2008, plus de 4000 restent à réaliser trois ans plus tard.

«Le gouvernement avait l'opportunité de développer avec un partenaire privé qui ne coûte rien dans le béton et la brique, et il perd l'opportunité de le faire (...) La ministre a beau dire qu'ils vont resserrer les règles, c'est de la poudre aux yeux. Je siège depuis 1995 sur des comités régionaux et jamais, pour les places en CPE, les délais n'ont été respectés», a-t-il soutenu.

Le président de l'AGPQ fait aussi valoir qu'en période de compressions budgétaires, Québec aurait eu tout intérêt à en demander davantage au secteur privé, où il en coûterait 20 pour cent de moins pour une place qu'en CPE, selon lui.

«C'est de la poudre aux yeux. Il y a 4000 bassinettes vides au Québec alors qu'il y a des milliers de parents sur les listes d'attente», a lancé M. Lévesque.