Le programme d'enseignement du français en première année sera modifié pour favoriser davantage l'apprentissage de la lecture, particulièrement chez les garçons.

Pascale Breton LA PRESSE

La ministre de l'Éducation et vice-première ministre du Québec, Line Beauchamp, a indiqué qu'elle attend des recommandations à ce sujet de la part des enseignants et du ministère.

«Il y en aura (des changements au programme) sur la base d'un travail sérieux de recherche. C'est ce que j'ai demandé», a expliqué la ministre dans le cadre des 2es Rencontres interrégionales sur la persévérance et la réussite scolaires qui réunissent plus de 800 intervenants de tous les milieux jusqu'à demain à Québec.

La ministre a profité de l'occasion pour dévoiler les récentes statistiques concernant le taux de diplomation à 20 ans. De 66,8% en 2002-2003, ce taux est passé à 73,8% en 2009-2010.

«À ce rythme, à la condition que l'on maintienne notre mobilisation, nous serons en mesure d'atteindre notre objectif d'un taux de diplomation de 80% en 2020», a-t-elle souligné.

En revanche, les garçons sont encore plus nombreux que les filles à quitter les bancs d'école. Le taux de décrochage est de 22,6% chez les garçons comparativement à 14,3% pour les filles. Une donnée qui inquiète la ministre.

Des études ont démontré qu'il faut mettre davantage l'accent sur l'apprentissage précoce de la lecture, principalement chez les garçons. Les lacunes en lecture dès le début du primaire sont souvent un indicateur de décrochage futur.

À la rentrée scolaire, la Centrale des syndicats du Québec avait fait une sortie, demandant à la ministre de modifier le programme d'enseignement du français en première année pour favoriser l'apprentissage de la lecture.

«J'ai personnellement rencontré le syndicat des enseignants à ce sujet», a indiqué Mme Beauchamp ce matin.

«Je vais être très à l'écoute de ce que nomme le syndicat de professeurs. Oui, ils invitent à faire certains changements, mais auparavant, il faut bien se comprendre.»

En ce sens, la ministre a demandé au syndicat et au ministère de lui faire une recommandation.

Le début des 2es Rencontres interrégionales sur la persévérance et la réussite scolaire est par ailleurs l'occasion de faire le bilan du chemin parcouru depuis la première rencontre, en 2008.

«Nous sommes en progression », a indiqué Éric Lamarre, directeur chez McKinsey & Company en faisant le point sur l'avancement des 13 voies initialement identifiées pour améliorer le taux de diplomation.

Du travail a notamment été fait pour valoriser l'éducation, établir des cibles de réussite, réduire le nombre d'élèves par classe et mettre en place des projets dans les écoles.

Par contre, il serait bien de valider que ces différents projets, notamment l'ajout d'activités parascolaires dans les écoles, sont bien destinés à la clientèle visée. Il faut aussi déterminer si l'argent investi permet un réel impact, notamment en ce qui a trait à l'aide aux devoirs, a souligné M. Lamarre.