Interrogé par la juge Charbonneau sur les moyens de «mettre des bâtons dans les roues» des entrepreneurs corrompus, Lino Zambito a suggéré hier des lois plus sévères pour gérer l'industrie de la construction, une meilleure vigilance de la part des municipalités et une diminution du nombre de contrats attribués au secteur privé par le gouvernement.

Mis à jour le 17 oct. 2012
Gabrielle Duchaine LA PRESSE

M. Zambito a notamment souligné l'importance de l'adoption par Québec de lois plus sévères afin de s'assurer qu'un entrepreneur reconnu coupable de corruption et de collusion n'obtienne plus jamais de permis de construction de la part de la Régie du bâtiment. L'an dernier, Québec a créé un registre des entrepreneurs coupables de crimes économiques ou liés à la collusion, à la corruption ou à la fraude. Ceux qui y figurent sont inadmissibles aux contrats publics. Lino Zambito va plus loin et propose qu'ils soient littéralement écartés de l'industrie.

Une meilleure surveillance

Selon lui, les villes ont aussi la responsabilité de surveiller de plus près les soumissionnaires. «Les conseils municipaux doivent faire des vérifications plus approfondies», estime l'ex-entrepreneur. Au lieu de s'arrêter au simple fait que la soumission respecte leur budget avant d'accorder un contrat, il faudrait que les élus se demandent qui est l'entrepreneur et s'assurent qu'il n'a pas un passé trouble, dit-il.

Plus d'ingénieurs maison

Le témoin a aussi affirmé que plutôt que de faire affaire avec le privé, le ministère du Transport (MTQ) devrait embaucher plus d'ingénieurs à l'interne. Rappelons que c'est exactement pour cette raison que le MTQ a annoncé l'an dernier l'embauche de 1000 nouveaux employés en cinq ans. Québec prévoyait que cet ajout se traduirait par une économie de près de 34 millions par rapport aux coûts de sous-traitance.