(Halifax) Les proches des victimes tuées lors d’une fusillade de masse en Nouvelle-Écosse disent ressentir un « profond découragement » à l’égard de l’enquête publique sur l’horrible crime de 2020 qui a coûté la vie à 22 personnes, selon leur cabinet d’avocats.

Publié le 15 février
Michael MacDonald La Presse Canadienne

À une semaine du début des procédures à Halifax, le cabinet Patterson Law a publié une déclaration lundi dans laquelle il indique que ses clients craignent que leur rôle dans l’enquête soit « indûment réduit, voire activement restreint ».

Le cabinet d’avocats de la Nouvelle-Écosse, qui représente 23 familles et individus, a déclaré que l’enquête fédérale-provinciale retardée a offert peu d’informations sur le rôle que les témoins joueront dans les procédures.

De plus, Patterson Law craint que la partie de l’enquête consacrée à l’établissement des faits soit tronquée en raison des retards, ce qui signifie que les preuves présentées à l’enquête pourraient ne pas être pleinement explorées.

« Nous partageons le profond découragement de nos clients face au peu d’informations sur ces procédures publiques », indique la déclaration.

Le mandat de l’enquête exige qu’elle dépose un rapport final d’ici le 1er novembre.

À l’heure actuelle, on ne sait pas encore qui sera appelé à témoigner, comment leur demandera-t-on de le faire et si les avocats représentant les familles sont autorisés à les interroger ou à présenter des observations lors de la procédure, indique la déclaration.

L’avocate principale de la commission, Emily Hill, n’a pas répondu directement à ces questions dans une déclaration envoyée par courriel, et les responsables de la commission ont décliné une demande d’entrevue.

Mme Hill a déclaré que la commission continuera de consulter les participants au sujet des lacunes du dossier factuel et des témoins qu’ils aimeraient entendre.

« Une enquête publique n’est pas un procès, et il ne s’agit pas non plus d’attribuer un blâme, a-t-elle ajouté. Les enquêtes publiques portent sur le changement. Le travail de la commission consiste à déterminer ce qui s’est passé, pourquoi et comment cela s’est produit, afin de formuler des recommandations qui permettront de s’assurer que cela ne se reproduit pas. »

Trois mois après les meurtres perpétrés dans le centre de la Nouvelle-Écosse, les gouvernements fédéral et provincial se sont engagés à mener une sorte d’« examen » de l’affaire, mais les familles des victimes et des experts juridiques se sont manifestés pour demander une enquête conjointe plus rigoureuse. Une série de protestations a incité les deux ordres de gouvernement à changer de cap.

L’enquête a été chargée de déterminer ce qui s’est passé pendant le carnage du tireur, qui a commencé le 18 avril 2020 à Portapique, en Nouvelle-Écosse, où 13 personnes ont été abattues et des propriétés incendiées. Neuf autres personnes ont été tuées le lendemain alors que le tireur échappait à la police au cours d’une poursuite de plus de 100 kilomètres. La commission devait initialement commencer ses audiences en octobre dernier.