« Liberté pour nos enfants, la prison pour Legault ! », ont scandé une centaine de manifestants en défiant le couvre-feu samedi soir, à Montréal. En présence de nombreux policiers, ils ont circulé dans la ville en direction du Vieux-Port avant de se faire intercepter par les forces de l’ordre. Au moment d’écrire ces lignes, à 23 h, les évènements s’étaient déroulés de façon pacifique, malgré plusieurs arrestations.

Mis à jour le 1er janvier
Lila Dussault
Lila Dussault La Presse

Les manifestants se sont rassemblés devant le bureau du premier ministre François Legault rue Sherbrooke Ouest dès 21 h 30, samedi soir. Ils se sont mis à marcher dans la rue Sherbrooke vers l’ouest avant de descendre vers le Vieux-Port par la rue Crescent. « Non, c’est non ! », lançaient-ils en chœur sous une fine neige alors que le mercure ne cessait de descendre.

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« Liberté pour nos enfants, la prison pour Legault ! », ont scandé une centaine de manifestants en défiant le couvre-feu samedi soir.

Ils étaient accompagnés d’une imposante force policière à vélo et en fourgonnette qui intimait aux manifestants l’ordre de respecter le décret ministériel imposant le couvre-feu. Parmi les manifestants, de nombreux appels au calme ont été faits. « On n’écrit pas l’histoire avec la violence, on écrit l’histoire avec courage et détermination », a répété au microphone François Amalega Bitondo. Figure connue du mouvement d’opposition aux mesures sanitaires, M. Amalega Bitondo a été arrêté à Shawinigan à la fin du mois de novembre et libéré sous condition.

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Parmi les manifestants, de nombreux appels au calme pour maintenir le rassemblement pacifique ont été faits dans un microphone par l’un des leaders, François Amalega Bitondo.

Rappelons qu’en avril dernier, une manifestation similaire avait dégénéré dans le Vieux-Port de Montréal, où des poubelles avaient été incendiées et des façades de commerces, abîmées.

La fin des mesures sanitaires

Les personnes présentes réclamaient la fin des mesures sanitaires imposées par le gouvernement de François Legault. « La COVID, ça n’existe pas ! », a lancé un manifestant.

À l’angle des rues René-Lévesque et Mansfield, l’escouade antiémeute du Service de police de la Ville de Montréal (SPVM) est intervenue. Plusieurs arrestations ont été menées au sein du groupe de manifestants. « Il n’y aura pas de violence ce soir, mais on ne va pas se soumettre », a lancé M. Amalega Bitondo avant d’être lui-même arrêté.

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À 23 h, les évènements se déroulaient de façon pacifique, malgré plusieurs arrestations.

Le mot d’ordre des manifestants était que si une seule personne se faisait arrêter, tous acceptaient de l’être. Lorsque La Presse a quitté les lieux vers 23 h 15, une vingtaine de manifestants attendaient toujours d’être arrêtés en filmant l’intervention avec des téléphones cellulaires. Certains brandissaient leurs poings, ou même une croix avec un cœur à l’intérieur. À l’heure où ces lignes étaient écrites, le bilan des arrestations et des constats d’infraction remis par le SPVM n’était pas connu. « Ce soir, l’important, c’est de faire passer le message, a affirmé un manifestant. Donc on va rester pacifiques. »