L’ex-ministre libérale Nathalie Normandeau animera L’effet Normandeau dans la case horaire qu’occupait Isabelle Maréchal jusqu’à vendredi à l’antenne du 98,5 et du réseau Cogeco. L’ancienne députée fédérale Françoise Boivin est quant à elle la première femme chroniqueuse politique au micro de Paul Arcand, en remplacement de Bernard Drainville, qui a annoncé son départ vendredi.

Nathalie Collard
Nathalie Collard La Presse

Dès le 16 août, à 10 h, les auditeurs du 98,5 FM pourront écouter L’effet Normandeau. L’émission sera diffusée sur l’ensemble du réseau Cogeco, et la nouvelle animatrice veut en faire la plus importante tribune téléphonique au Québec. « Je veux qu’on écoute mon émission pour prendre le pouls de la province », lance l’ex-ministre des Affaires municipales, qui habite Québec et qui se définit comme une « régionaliste ». « Si on prend l’exemple du troisième lien, les gens de Québec ont une opinion, mais qu’en pensent les gens de Trois-Rivières, de Gaspé et de Montréal ? Ils ont leur mot à dire eux aussi. Je veux que l’émission soit un lieu de dialogue avec les auditeurs. »

Nathalie Normandeau aborde ce nouveau défi comme une continuité de son engagement politique. « Je veux que l’émission devienne un lieu de débat public », insiste celle qui a déjà été responsable du développement des régions et de l’occupation du territoire.

La formule de l’émission n’est pas encore arrêtée, mais l’ex-politicienne souhaite coller le plus possible à l’actualité. « Je n’ai pas la prétention de réinventer la radio, mais j’adore les affaires publiques », dit celle qui a déjà coanimé une émission avec Éric Duhaime, aujourd’hui chef du Parti conservateur du Québec.

« Je ne veux pas m’enfermer dans un carcan, poursuit-elle. Je veux que la formule demeure flexible. Je souhaite surtout que ce soit une émission souriante et dynamique. Je vais partager ce que je sais, mais je veux que les auditeurs m’alimentent. » Elle sera appuyée par deux piliers de cette case horaire, les recherchistes Isabelle Lord et Normand Gemme, qui ont travaillé avec Isabelle Maréchal au cours des dernières années.

Un livre à l’automne

Ce sera un automne très chargé pour Nathalie Normandeau, puisqu’elle conservera son rôle de commissaire aux côtés de Luc Ferrandez, tous les matins au micro de Paul Arcand.

« J’ai pris le rythme, assure celle qui passera beaucoup de temps sur l’autoroute 20 au cours de la prochaine année. Au début, j’étais très intimidée par Luc. »

La Commission me demandait tellement de travail [au début], j’avais l’impression de faire une thèse de doctorat chaque fois. Je fais comme lui : beaucoup de travail et beaucoup de recherche.

Nathalie Normandeau

Mme Normandeau affirme qu’elle a appris à connaître Luc Ferrandez, en qui elle a découvert « un grand cœur ». « On a appris à se respecter et à s’apprécier », ajoute-t-elle.

En plus de son travail à la radio, l’ex-ministre libérale s’apprête à lancer un livre dans lequel elle racontera sa version des faits à propos de son arrestation par l’Unité permanente anticorruption (UPAC), dans la foulée de la commission Charbonneau. La sortie est prévue pour le 22 septembre aux éditions Libre expression.

Une nouvelle chroniqueuse chez Paul Arcand

Un peu plus tôt dans la journée, aux alentours de 7 h, Françoise Boivin prendra la place de Bernard Drainville à la chronique politique, devenant ainsi la première femme à ce poste à l’émission Puisqu’il faut se lever.

« J’ai réfléchi avant d’accepter, car je suis une couche-tard, affirme l’ex-députée du Nouveau Parti démocratique (NPD), qui a quitté la politique en 2015. J’ai accepté pour le défi de faire ça avec Paul, car c’est le roi de la radio, c’est une sommité. Si quelqu’un d’autre que lui me l’avait demandé, j’aurais dit non. »

PHOTO TIRÉE DU COMPTE FACEBOOK DE MME BOIVIN

Françoise Boivin, nouvelle chroniqueuse politique à l'émission Puisqu’il faut se lever

Françoise Boivin est également analyste à l’émission Mordus de politique, sur RDI, et à Powers & Politics, sur CBC News.

Comment décrit-elle son style ? « Je l’ai dit à Paul, moi, je suis un peu plus Jean Lapierre que Bernard Drainville, lance celle qui a été députée du Parti libéral du Canada avant de se joindre au NPD. Je suis très people, j’aime la connexion avec les gens et je dis les choses comme je les pense. Ce que vous voyez, c’est ce que je suis. »

Bernard Drainville a pour sa part annoncé son départ de l’émission matinale ce vendredi aux auditeurs. « Ça fait plus de quatre ans et près de 1000 chroniques, mine de rien, a déclaré en ondes l’ancien élu du Parti québécois. Ç’a été, je dirais, le défi le plus exigeant que j’ai connu en 25 ans dans le monde des médias. Cette chronique dure dix minutes, mais c’est sept heures de préparation pour moi… »