Marqué par la pandémie de COVID-19 partout au Canada, le mandat de quatre ans de la présidente du Comité consultatif national de l’immunisation (CCNI), la Dre Caroline Quach-Thanh, prendra fin ce mercredi comme prévu.

Henri Ouellette-Vézina
Henri Ouellette-Vézina La Presse

« Le 9 juin 2021, le mandat de quatre ans de l’actuelle présidente du CCNI, la Dre Caroline Quach-Thanh, prendra fin », a en effet confirmé l’Agence de la santé publique du Canada (ASPC) dans un communiqué publié tout récemment. L’organisme remercie du même coup la docteure « pour sa contribution exceptionnelle au cours des 12 dernières années en tant que membre, vice-présidente et présidente du Comité, notamment pour son rôle de leader pendant la pandémie ».

Dès jeudi, Mme Quach-Thanh sera remplacée par celle qui était jusqu’ici vice-présidente du CCNI, la Dre Shelley Deeks, une experte en santé publique, en médecine préventive et en immunisation de la Nouvelle-Écosse. Le CCNI, dit-on, « bénéficiera grandement de son expertise ».

Par ailleurs, c’est la spécialiste des maladies infectieuses de l’Alberta, la Dre Robyn Harrison, qui occupera dorénavant le siège de vice-présidente. Elle est impliquée avec le CCNI depuis septembre 2017, ayant entre autres occupé la fonction de présidente des groupes de travail sur l’hépatite et la grippe.

La Dre Deeks, elle, s’est notamment fait connaître comme lanceuse d’alerte au sein de Santé publique Ontario (SPO). Elle avait révélé que le gouvernement Ford avait ignoré les conseils de l’agence de santé publique en créant son code de couleurs pour les restrictions de COVID-19. La Dre Deeks a quitté SPO en janvier dernier pour occuper un poste de médecin-hygiéniste en Nouvelle-Écosse.

Durant la pandémie, le CCNI, un comité indépendant, a été sous le feu des projecteurs en émettant des recommandations parfois en contradiction avec Santé Canada sur l’utilisation des différents vaccins approuvés contre la COVID-19.

C’est également le CCNI qui a recommandé d’allonger jusqu’à quatre mois l’intervalle entre les deux doses du vaccin, afin de permettre une plus grande couverture vaccinale. Le CCNI a aussi changé ses recommandations, au gré des données disponibles, sur l’âge admissible pour recevoir le vaccin d’AstraZeneca. En fin de compte, le Comité avait conclu qu’il peut être proposé aux 30 ans et plus.

Rappelons que le mois dernier, le CCNI avait suscité la controverse en disant qu’il était préférable de se faire vacciner avec le Pfizer-BioNTech ou le Moderna, à ARN messager (ARNm), plutôt qu’avec un vaccin à vecteur viral, comme l’AstraZeneca. Cette déclaration avait fait réagir des professionnels de la santé et des citoyens qui avaient l’impression de s’être fait flouer avec le vaccin d’AstraZeneca.

La Dre Quach-Thanh avait ensuite affirmé dans de nombreuses entrevues que le CCNI n’a pas désavoué le vaccin d’AstraZeneca, et qu’il revenait à chacun d’évaluer son risque personnel, soit d’attraper la COVID-19 ou de souffrir d’une thrombose très rare.

À Montréal, la Dre Quach-Thanh est pédiatre, microbiologiste-infectiologue, épidémiologiste et responsable de la prévention et du contrôle des infections au CHU Sainte-Justine.

Avec Catherine Lévesque, La Presse Canadienne