(Québec) Tout exercice de bilan de l’année 2020 comporte son lot d’incongruités en raison des nombreux bouleversements attribuables à la pandémie de COVID-19. Celui de la Société de l’assurance automobile du Québec (SAAQ) ne fait pas exception, alors que l’on constate une forte baisse des accidents, mais une hausse du nombre de décès sur les routes du Québec.

Nicolas Bérubé
Nicolas Bérubé La Presse

Le nombre de blessés graves a diminué de 20,3 % en 2020 par rapport à 2019, pour s’établir à 1165.

Chez les blessés légers, la chute est plus prononcée encore : leur nombre s’établit à 22 966, une baisse de 34 % par rapport à l’année précédente.

On déplore toutefois 340 décès sur les routes québécoises en 2020, soit 9 de plus qu’en 2019.

En 2020, il y a eu moins de drames humains sur les routes, mais je reste préoccupée des effets qu’aura eus la pandémie sur les comportements des usagers, puisque 80 % des accidents sont liés aux comportements.

Nathalie Tremblay, présidente et chef de la direction de la Société de l’assurance automobile du Québec, dans un communiqué

La mortalité a connu une baisse de 7 % chez les 15 à 24 ans, de 26 % chez les piétons et de 12 % chez les personnes de 75 ans et plus. En revanche, les décès chez les motocyclistes étaient en hausse de près de 49 % l’an dernier.

On déplore aussi une forte hausse des morts chez les cyclistes en 2020. Le bilan de la SAAQ fait état de la mort de 14 cyclistes, soit une hausse de 6 par rapport à l’année précédente.

Aussi, 51 personnes se déplaçant à pied ont perdu la vie dans des collisions avec un véhicule motorisé en 2020. C’est 18 de moins que l’année précédente.

Avec le confinement et le télétravail, il y a eu une baisse du trafic automobile, mais aussi une baisse des déplacements à pied. Cela a pu contribuer à l’amélioration du bilan pour ce qui est des décès des piétons. On sait qu’il n’y a eu aucun piéton de tué à Montréal de la mi-avril à la mi-juin. Il y a aussi eu moins de décès pendant l’année chez les personnes âgées, qui sortaient moins de chez elles. Encore là, c’est vraiment atypique. Je crois que l’année 2020 va être une année parenthèse.

Sandrine Cabana-Degani, directrice de Piétons Québec

La vitesse était surreprésentée parmi les causes des accidents graves et mortels. « De mars à septembre, la proportion d’accidents mortels ou graves pour lesquels la vitesse a été ciblée comme facteur contributif est passée de 27,1 % au cours des 5 dernières années à près de 32 % en 2020 », note la SAAQ.

La proportion des conducteurs ou passagers tués qui ne portaient pas la ceinture de sécurité a quant à elle été largement supérieure en 2020, soit à 34,6 %, contre 20,9 % en 2019.

En 2020, des gens appuyaient sur l’accélérateur, car ils sentaient un faux sentiment de sécurité du fait d’avoir la route à eux-mêmes. C’est ce qui peut expliquer certains décès de plus. Aussi, ce qui nous a jetés à terre, c’est de voir la proportion de conducteurs ou passagers décédés qui ne portaient pas la ceinture. À 34 %, c’est incroyable ! C’est un bilan qui laisse songeur. Manifestement, il y a de l’information qui ne se rend pas jusqu’aux conducteurs.

Nicolas Ryan, directeur des affaires publiques par intérim de CAA Québec

De manière globale, les décès dus aux déplacements motorisés sur les routes du Québec sont en baisse dans la province depuis quelques décennies. Au début des années 2000, on comptait généralement plus de 700 décès par année au Québec, soit plus du double de la moyenne des décès enregistrée depuis 2015.