(Ottawa) Le ministre fédéral des Services aux Autochtones, Marc Miller, affirme que le budget déposé lundi marque un niveau historique d’investissement dans les communautés autochtones, mais il reconnaît qu’une grande partie de ces sommes servent à combler des déficits de financement systémiques et historiques – et que les dépenses soutenues à long terme devront se poursuivre.

Teresa Wright
La Presse Canadienne

Le gouvernement libéral prévoit de dépenser plus de 18 milliards au cours des cinq prochaines années pour réduire l’écart socio-économique entre les Autochtones et les non-Autochtones, mais aussi pour aider ces communautés à lutter contre la pandémie.

Des sommes supplémentaires ont également été affectées à d’autres ministères dans le budget pour aider les communautés autochtones, notamment 2,5 milliards sur cinq ans pour l’apprentissage et la garde des jeunes enfants autochtones, et 108,6 millions sur cinq ans pour des travaux de réparation dans les postes de police autochtones.

Le budget promet également un investissement triennal de 74,8 millions pour améliorer l’accès à la justice des pour améliorer l’accès à la justice pour les Autochtones, grâce à l’élaboration d’une stratégie de justice autochtone visant à lutter contre la discrimination systémique et la surreprésentation dans le système de justice criminelle.

Bien que l’ampleur des dépenses totales réservées aux Autochtones dans le budget puisse frapper l’imagination, par rapport aux budgets précédents, le ministre Miller rappelle que ces sommes reflètent des déficits de financement pour des choses de base comme l’eau potable, l’accès aux soins de santé sur place et les services de police autochtones.

« Ces investissements ne sont pas venus sans réflexion », a déclaré M. Miller en entrevue avec La Presse Canadienne. « Mon équipe a déployé d’énormes efforts pour essayer de quantifier les investissements dans les infrastructures, par exemple, dont nous avons besoin pour commencer à combler l’écart, à relativement court terme », entre Autochtones et allochtones.

Des investissements de 6 milliards sur cinq ans prévus dans le budget doivent servir à des « projets prêts à démarrer » au cours des trois à cinq prochaines années, considérés comme des infrastructures essentielles par les chefs locaux et les communautés, a déclaré le ministre Miller. Cela comprend 1,7 milliard affectés aux coûts de fonctionnement et d’entretien des infrastructures communautaires dans les réserves.

Un soutien à long terme

Les dépenses d’entretien ne font peut-être pas les manchettes, a déclaré M. Miller, mais il est important pour les communautés de savoir que le gouvernement fédéral soutiendra l’entretien et la préservation des actifs essentiels dans leurs collectivités, y compris un salaire égal pour un travail égal.

« Les communautés autochtones me demandaient constamment :“Où serez-vous après mars 2021 ?” (après le budget), sachant que ces actifs ont besoin d’une planification et d’un soutien appropriés tout au long de leur vie utile », a déclaré M. Miller, soulignant en particulier les efforts de plusieurs décennies pour lever les avis d’ébullition de l’eau dans les communautés autochtones.

Entre-temps, Services aux Autochtones lancera bientôt une stratégie, avec les communautés, pour avoir une idée plus claire de leurs plans à long terme et de leurs besoins individuels. Cette consultation servira à quantifier précisément les investissements fédéraux à long terme nécessaires pour aider à amener les communautés autochtones à un niveau de vie plus égal à celui des non-autochtones, a déclaré M. Miller.

Dans sa lettre de mandat, en décembre 2019, le premier ministre Justin Trudeau avait chargé M. Miller de « codévelopper des plans d’infrastructure communautaire fondés sur les distinctions et à investir dans ces plans ». Il lui demandait aussi d’aller de l’avant, d’ici 2030, « pour répondre aux besoins essentiels, notamment le logement, les routes ouvertes toute l’année, l’internet haute vitesse, les établissements de santé, les centres de traitement et les établissements scolaires ».

« Cela nécessitera des investissements soutenus dans les infrastructures à long terme », a admis M. Miller, ajoutant qu’il croyait fermement que M. Trudeau était prêt à investir à la fois le capital politique et le capital financier pour transformer en réalité ces promesses de dépenses.

De nombreuses organisations et groupes autochtones nationaux qui représentent les Premières Nations, les Inuits et les Métis ont exprimé un optimisme prudent à la suite du dépôt du budget lundi.

M. Miller espère que tous les Canadiens comprendront que ces importantes sommes consenties aux communautés autochtones devraient être considérées comme faisant partie de la réparation des torts du passé, une correction des déficits de financement historiques. « Beaucoup de ces importants investissements visent à combler des écarts inacceptables », a-t-il dit.