Des experts affirment qu’une nouvelle directive émise en réponse à l’affaire « buttergate » pourrait compliquer la tâche des producteurs laitiers.

Adina Bresge
La Presse Canadienne

L’organisme Les Producteurs laitiers du Canada encourage ses membres à envisager des solutions de rechange aux suppléments de palme utilisés dans l’alimentation du bétail, tandis qu’un groupe de travail se penche sur les préoccupations des consommateurs entourant cette pratique courante.

Il a été rapporté qu’un changement dans la consistance du beurre serait lié à des vaches nourries avec des produits contenant de l’huile de palme ou ses dérivés — ce que les autorités fédérales considèrent comme sécuritaire pour les animaux.

Selon des experts en sciences animales, il n’y a pas de supplément alimentaire aussi efficace ou abordable que l’acide palmitique. S’en priver pourrait avoir des répercussions sur les producteurs laitiers qui tâchent de répondre à la demande, préviennent-ils, et même entraîner une augmentation des importations de beurre.

Daniel Lefebvre de Lactanet, qui conseille Les Producteurs laitiers du Canada, estime que cette controverse découle d’« allégations non fondées », mais qu’un changement dans la perception du public pose une plus grande menace pour l’industrie laitière que le fait de demander aux agriculteurs de changer cet aspect de leur production.

Du côté des Producteurs de lait du Québec, on a demandé de cesser l’utilisation de ces sous-produits dans l’alimentation des bovins laitiers et de soumettre les importations aux mêmes normes. L’ensemble de l’industrie alimentaire devrait se pencher sur la question, a-t-on ajouté, l’huile de palme étant aussi répandue comme ingrédient dans l’alimentation humaine.