Plusieurs centaines de personnes ont manifesté samedi à Montréal pour réclamer du gouvernement Legault qu’il reconnaisse l’« ampleur de la crise » sanitaire en accordant de meilleures conditions de travail aux travailleurs des services publics, dont les conventions collectives font actuellement l’objet de négociations.

Henri Ouellette-Vézina Henri Ouellette-Vézina
La Presse

« On est ici pour dénoncer nos conditions de travail. On tient le réseau à bout de bras depuis des années », soutient Frédéric Lapierre Justin, un infirmier auxiliaire à l’hôpital Sainte-Justine. « Il y a une pandémie mondiale et tout est en décrépitude au niveau du réseau. On n’en peut littéralement plus. Nos conditions font pitié », a-t-il ajouté, réclamant empathie et compréhension des autorités.

Depuis la place des Festivals, les manifestants ont marché jusqu’au bureau du premier ministre François Legault, rue Sherbrooke Ouest à Montréal. Le président de la CSN, Jacques Létourneau, a affirmé qu’« il [fallait] absolument accélérer les négociations pour maintenir notre monde en emploi et en attirer d’autres ».

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Le président de la CSN, Jacques Létourneau

Une fois la pandémie passée, si on n’a pas les conditions nécessaires, je ne suis pas sûr que les jeunes vont vouloir venir travailler dans nos réseaux publics.

Jacques Létourneau, président de la CSN

D’après le syndicat, Québec offre actuellement 1,75 %, puis deux fois 1,5 % d’augmentation salariale sur trois ans, ce qui serait toutefois « largement insuffisant » dans un contexte de pénurie de main-d’œuvre. Ces chiffres n’ont toutefois pas été confirmés par les autorités provinciales. « Ce sont les mêmes offres depuis le début, avec ou sans pandémie. Le gouvernement n’a pas bougé d’un iota. Tout ce qui est en lien avec la surcharge du travail fait du surplace », martèle M. Létourneau.

Plusieurs actions ont eu lieu simultanément à travers la province pour réclamer un réinvestissement massif dans le réseau public. En plus de Montréal, des rassemblements ont eu lieu à Québec, sur la Côte-Nord, en Montérégie et au Saguenay–Lac-Saint-Jean. « Il faut que ces travailleurs puissent enfin obtenir une convention à la hauteur du respect qu’ils méritent », tranche la présidente du Conseil central du Montréal métropolitain (CCMM), Dominique Daigneault.

Lundi dernier, une centaine de travailleurs des services publics avaient occupé les bureaux du Conseil du trésor, au centre-ville. Jacques Létourneau, lui, s’inquiète que le gouvernement veuille à tout prix retourner à l’équilibre budgétaire d’ici cinq ans, comme l’a affirmé jeudi le ministre des Finances, Eric Girard. « On se croirait dans un vieux film avec M. Coiteux et M. Couillard. Le citron est déjà pressé », dit le syndicaliste.

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Québec veut des « ententes globales »

Joint par La Presse, le cabinet de la présidente du Conseil du trésor, Sonia LeBel, indique que son objectif est de trouver un terrain d’entente le plus rapidement possible.

« Nous avons annoncé, le 22 octobre dernier, un processus d’élagage des demandes de part et d’autre. Dans un esprit de rapprochement et afin de favoriser la conclusion d’ententes à court terme, le gouvernement a retiré certaines propositions patronales importantes pour les réseaux [santé et éducation], tout en invitant les syndicats à faire de même », souligne l’attaché de presse, Florent Tanlet.

Il affirme que ces actions démontrent « une fois de plus » la volonté des autorités d’« en venir à des ententes globales, que nous espérons, dans les meilleurs délais ».

« Les parties continuent leurs discussions aux tables de négociations », conclut M. Tanlet, sans vouloir s’avancer davantage sur la nature des discussions qui ont cours actuellement avec les syndicats, par souci de confidentialité.