(Québec) Trois municipalités gaspésiennes où l’on retrouve les taux d’infection les plus élevés au Québec pourraient passer au rouge dès la fin de semaine, même si la région est en état d’alerte orange.

Gabriel Béland Gabriel Béland
La Presse

La situation est délicate à Maria, à Carleton-sur-Mer et à Nouvelle. Ces trois municipalités de la Baie-des-Chaleurs dénombrent 122 des 154 cas actifs de COVID-19 en Gaspésie et aux Îles-de-la-Madeleine.

« C’est vraiment préoccupant d’en avoir 122 dans trois petites municipalités comme ça. Ça nous donne des taux de 1500 par 100 000 habitants à ces trois endroits-là. C’est beaucoup », s’inquiète le DYv Bonnier-Viger, directeur de santé publique de la Gaspésie – Îles-de-la-Madeleine.

En guise de comparaison, le taux d’infection à Ahuntsic-Montréal-Nord, le plus élevé de la métropole, s’élève à 168 cas actifs par 100 000 habitants.

La situation ne semble pas s’améliorer. La région de la Gaspésie – Îles-de-la-Madeleine a annoncé vendredi son pire bilan quotidien, avec 28 nouveaux cas. De ce nombre, 19 proviennent de la MRC d’Avignon, où se trouvent les trois municipalités en question.

Le DBonnier-Viger a donc entamé des discussions avec le ministère de la Santé et des Services sociaux (MSSS). Il aimerait augmenter les mesures de protection dans ces trois municipalités, sans pour autant changer le niveau d’alerte orange de la région.

« Il se pourrait qu’on aille un cran plus loin et qu’on adopte des mesures qui ressemblent à celles de la zone rouge ou de l’alerte maximale pour ces trois municipalités. Je suis en discussion avec le ministère de la Santé pour voir la façon d’appliquer ça », a expliqué à La Presse le directeur de santé publique de la Gaspésie – Îles-de-la-Madeleine.

« Ça peut se faire et probablement que ça va se faire durant la fin de semaine », ajoute-t-il.

En zone rouge, les restaurants et bars doivent fermer, les visites sont généralement proscrites et les rassemblements privés, interdits.

Le maire de Carleton-sur-Mer et préfet de la MRC d’Avignon appuie la Santé publique. « Je pense qu’on est rendus là. On constate qu’on est le pire territoire en termes épidémiologiques au Québec, il faut prendre les actions qui s’imposent », note Mathieu Lapointe.

Le MSSS affirme de son côté suivre « de très près l’évolution de la situation en Gaspésie, plus précisément dans la région de la Baie-des-Chaleurs, où il y a beaucoup plus de cas actifs », indique Marie-Claude Lacasse, porte-parole.

« Toutes les options sont envisagées pour le moment. Comme vous l’avez vu cette semaine pour la Capitale-Nationale et Chaudière-Appalaches, il est possible qu’une même région ait des niveaux d’alertes différents selon les MRC et la situation dans chacune d’elles », ajoute-t-elle.

Un coup dur après l’été

Dans la Baie-des-Chaleurs, le virus circule autant dans la communauté que dans les milieux de vie. Des éclosions ont notamment eu lieu dans un bingo et un café, auprès d’une clientèle de plus de 70 ans. Une résidence pour personnes âgées et un CHSLD ont aussi été touchés.

« Contrairement à ce qu’on voit ailleurs, où il y a des cas chez les plus jeunes, ce sont surtout des gens de 70 ans et plus », précise le directeur de santé publique.

Le maire de Carleton-sur-Mer remarque que la région avait été épargnée durant l’été. Puis, subitement, les cas se sont multipliés depuis deux semaines.

« Tous ont leur petite bulle informelle de cinq ou six personnes. Mais dans une petite communauté, si chacun voit cinq ou six ménages, on fréquente les mêmes personnes et le virus se propage, estime Mathieu Lapointe. C’est exactement ce qui se passe en ce moment. »

Le maire pense qu’il est temps de « redresser la barre » pour que les gens se ressaisissent. « Si on n’arrête pas ça maintenant, on va étirer le problème et ça va être difficile encore plus longtemps. »