(Ottawa) Le premier ministre Justin Trudeau a réagi, sur Twitter, à l’annonce de la télévision d’État grecque qui rapporte un écrasement d’hélicoptère en mer Méditerranée tandis que l’armée canadienne a reconnu y avoir perdu le contact avec l’un de ses nouveaux hélicoptères Cyclone.

Lee Berthiaume
La Presse canadienne

« Un hélicoptère canadien impliqué dans l‘Opération REASSURANCE avec des alliés de l‘OTAN a disparu au large des côtes de la Grèce, » a écrit M. Trudeau dans un gazouillis mercredi soir.

« J‘ai parlé avec le ministre Harjit Sajjan et des efforts de recherche et de sauvetage sont en cours. On fournira une mise à jour dès que possible », a-t-il indiqué.

Selon la télévision d’État grecque ERT, un corps a été retrouvé et cinq autres personnes manquaient à l’appel. Elle a aussi précisé que cet écrasement est survenu dans les eaux entre l’Italie et la Grèce.

Dans un communiqué, l’armée affirme que l’hélicoptère de la Marine, déployé à bord du NCSM Fredericton, a disparu pendant un exercice de l’OTAN au large des côtes grecques. Une opération de recherche et sauvetage a alors été lancée, pouvait-on lire.

« Puisque la situation évolue, nous ne disposons d’aucun renseignement supplémentaire pour l’instant », a écrit l’armée canadienne dans un message sur son compte Twitter.

Le premier ministre de la Grèce, Kyriakos Mitsotakis, a exprimé ses condoléances jeudi au parlement grec. Il a ajouté qu’il allait communiquer avec le premier ministre Trudeau pour les lui transmettre personnellement.

Les hélicoptères Cyclone des Forces armées canadiennes transportent un équipage de quatre personnes, soit deux pilotes, un coordonnateur tactique et un opérateur de capteur. Des places peuvent aussi accueillir plusieurs passagers. Ces appareils servent principalement à repérer des sous-marins ainsi qu’à effectuer des opérations de recherche et de sauvetage.

La porte-parole de l’OTAN, la colonelle Juanita Chang, avait confirmé plus tôt mercredi un incident impliquant un hélicoptère d’un navire sous commandement de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord, sans préciser le pays.

Le NCSM Fredericton, avec un hélicoptère Cyclone CH-148 à son bord, avait quitté Halifax en janvier pour un déploiement de six mois en Europe. Alors que la Marine canadienne a rappelé au pays plusieurs de ses navires en raison de la COVID-19, le Fredericton poursuivait sa mission. Il a fait escale en Italie en mars et devait se rendre en Grèce ainsi qu’en mer Noire.

Le Fredericton est actuellement l’un des huit navires rattachés au 2e Groupe maritime permanent de l’OTAN, qui sont chargés d’assurer une présence militaire visible en Méditerranée.

Si l’écrasement se confirme, il s’agirait d’un coup dur pour l’armée canadienne qui n’a commencé à utiliser ses Cyclone dans de vraies missions qu’à la fin de 2018, après plus d’une décennie de problèmes de développement, de retards et de dépassements de coûts.

Cela pourrait aussi soulever des inquiétudes au sujet de la fiabilité des appareils.

À l’origine, l’armée devait recevoir 28 Cyclones du fabricant Sikorsky à partir de novembre 2008. Mais le premier hélicoptère n’a été livré qu’en juin 2015 et, même alors, il manquait de l’équipement et des logiciels essentiels, et l’appareil ne convenait qu’à l’entraînement. Seuls 18 appareils ont été livrés à ce jour.

En 2012, Peter MacKay, qui était alors ministre de la Défense, avait décrit l’entente sur le Cyclone comme le « pire contrat d’approvisionnement de l’histoire du Canada ». Peter MacKay est aujourd’hui candidat à la chefferie du Parti conservateur du Canada.

Les responsables de la défense ont toutefois eu des éloges récemment pour ce nouvel appareil qui remplaçait les vieux Sea King de l’armée. Les Cyclone ont commencé à participer à de véritables opérations même si l’un d’entre eux a été endommagé l’année dernière lors d’un « atterrissage musclé » sur un navire dans l’océan Pacifique.

« Déployer cet hélicoptère sur le terrain a été un parcours long et sinueux et cela a été une bonne affaire d’enfin disposer des hélicoptères sur les navires », a commenté David Perry, analyste principal en matière de défense de l’Institut canadien des affaires mondiales.

« S’il y a un qui s’est écrasé, il faudrait évidemment mener une enquête pour comprendre pourquoi parce qu’il y a un grand nombre de possibilités de choses qui ont potentiellement pu se produire, dont quelques-unes qui pourraient être liées aux raisons pour lesquelles l’hélicoptère a pris tant de temps avant d’être déployé. »