Les actes de vandalisme perpétrés sur des radars photographiques de la province ont coûté près de 130 000 $ au ministère des Transports du Québec (MTQ), indiquent les données obtenues par La Presse en vertu de la Loi sur l’accès aux documents des organismes publics.

Ariane Krol
Ariane Krol La Presse

Ces appareils permettant de remettre des contraventions aux automobilistes qui ne respectent pas les limites de vitesse ont été particulièrement éprouvés en 2017. Cette année-là, le MTQ a dû essuyer plus de 58 000 $ de frais imputables au vandalisme.

Le sabotage a commencé dès l’arrivée de ces dispositifs, en août 2009, avec 2500 $ de dégâts en moins de six mois.

Les appareils semblent toutefois être passés sous le radar des vandales certaines années, car aucuns frais n’ont été recensés en 2011, 2013, 2015 et 2018.

En 10 ans, de 2009 à 2019, les atteintes aux radars photo ont occasionné 128 608 $ de frais au MTQ. En date du 7 février, aucune facture n’avait encore été signalée pour l’année 2020.

Il n’a pas été possible d’obtenir de précisions quant à la nature des dommages, au nombre d’appareils brisés ou à l’identité des malfaiteurs, jeudi en fin de journée. Le Québec n’est cependant pas le seul endroit où ces dispositifs sont pris à partie.

À Toronto, quatre radars photo ont été volés en décembre et janvier derniers, a signalé récemment le Toronto Star. Une autre caméra installée dans une zone scolaire pour ralentir la circulation a été aspergée de peinture en aérosol.

En France, la Sécurité routière a recensé pour 60 millions d’euros de dommages aux radars routiers en moins d’un an, a rapporté l’AFP en août dernier. Les dégradations, comptabilisées à partir de novembre 2018, au début du mouvement des gilets jaunes, ont ciblé près de 1000 appareils, qui ont notamment été incendiés et graffités. « Au plus fort de la crise, 75 % du parc a été endommagé », a déclaré le ministre de l’Intérieur, Christophe Castaner, en juillet dernier.

Entretien coûteux

Les quelque 130 000 $ de frais imputables au vandalisme ne représentent qu’une fraction de ce que coûtent l’entretien et le maintien à niveau des 55 radars photo en fonction au Québec.

Les premiers appareils implantés en 2009 ont coûté 7,3 millions de dollars durant leurs neuf premières années de service, indiquent les chiffres fournis par le MTQ. La facture pour les cinq années suivantes, de 2018 à 2023, est estimée à 5,1 millions.

À cela s’ajoutent les 40 radars supplémentaires qui ont été déployés en 2015. Leur coût d’exploitation pour 10 ans, soit jusqu’en 2025, est évalué à 19,5 millions.

Selon les plus récentes données du ministère de la Justice, en date du 29 février dernier, les radars fixes et mobiles ont donné lieu à près de 1,4 million de constats depuis leur implantation, le 19 août 2009. Le total des amendes, frais de constat et contributions pénales associés à ces infractions dépasse les 185 millions de dollars.

Ce montant n’est cependant pas représentatif des sommes que les radars photo ont fait entrer dans les coffres de l’État, puisqu’il s’agit seulement de constats signifiés, c’est-à-dire transmis avec succès aux défendeurs. Ces constats peuvent être contestés ou ne pas être payés. « Il s’agit d’une valeur potentielle », soulignent les rapports du ministère de la Justice.

— Avec la collaboration de William Leclerc, La Presse