En 1989, les femmes qui choisissaient de faire carrière en ingénierie étaient peu nombreuses. Elles représentaient alors moins de 5 % des membres inscrits à l’Ordre des ingénieurs du Québec, une proportion qui s’élève aujourd’hui à 15 %. Même si la parité est loin d’être atteinte, les jeunes femmes qui choisissent le génie l’affirment haut et fort : elles y ont leur place.

Marie-Eve Morasse Marie-Eve Morasse
La Presse

Étudier à Poly, maintenant

Quelques jours après le féminicide du 6 décembre 1989, la survivante Nathalie Provost s’adresse aux médias de son lit d’hôpital. « À toutes les jeunes filles du Québec qui pensaient aller en génie, je vous demande d’envisager cette possibilité de carrière-là avec autant d’enthousiasme que vous auriez pu le faire avant mercredi. »

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Tous programmes et cycles confondus, 28 % des étudiants à Polytechnique cette année sont des femmes, soit 10 % de plus qu’à l’automne 1989.

Paméla Pasquis, Alice Lemieux-Bourque, Élizabeth Roulier et Catherine Gaboriault ne manquent pas d’enthousiasme. Pour elles, Polytechnique, c’est la période des examens qui s’amorce, l’association étudiante, les stages, les études « exigeantes », les amis. C’est le chemin qu’elles ont choisi pour exercer le métier d’ingénieure.

Elles n’étaient pas nées en 1989. « Pour plein de gens quand tu dis Polytechnique, c’est la tuerie. Quand j’annonçais que j’allais en génie à Polytechnique, presque tout le monde me racontait où il était le 6 décembre, à 17 h », dit Alice Lemieux-Bourque, 21 ans.

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Alice Lemieux-Bourque, 21 ans, étudiante en génie électrique

« Pour nous, c’est le quotidien », ajoute l’étudiante en génie électrique.

Paméla Pasquis abonde. « C’est la génération de mes parents qui a vécu la tragédie. »

Les quatre étudiantes rencontrées par La Presse sont pourtant formelles. Chaque année, le 6 décembre est « un rappel qu’il y a encore du travail à faire ». Trois décennies après l’attentat qui a causé la mort de 14 femmes, on est encore bien loin de la parité en génie.

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Paméla Pasquis, 22 ans, étudiante en génie civil

Quand on la compare à la moyenne québécoise, Polytechnique fait pourtant bonne figure : tous programmes et cycles confondus, 28 % des étudiants cette année sont des femmes, soit 10 % de plus qu’à l’automne 1989.

À titre d’exemple, cette proportion baisse à 22 % à l’Université Laval, à 16 % à l’École de technologie supérieure et à 14 % à Université du Québec à Rimouski.

En classe avec les collègues, les choses se déroulent rondement, dit Catherine Gaboriault, finissante en génie mécanique. Elle cite en exemple un projet d’étude où elle a été la seule femme parmi 10 étudiants. À la fin du projet, on lui a demandé ce que ça avait changé pour elle. « J’avais participé tant aux tâches manuelles qu’au rapport. Pour les gars, c’était un non-sujet. Je me dis que c’est une bonne nouvelle », dit-elle.

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Catherine Gaboriault, 23 ans, finissante en génie mécanique

Alice Lemieux-Bourque a senti pour sa part qu’à son entrée au baccalauréat, elle devait faire davantage ses preuves.

« Dans mon premier projet, les gens avaient tendance à me donner de la paperasse, c’est moi qui ai fait l’ordre du jour, les choses comme ça. Inconsciemment, ça m’était lancé et je n’ai presque pas fait ce qui était manuel, comme de la soudure », dit celle qui en est maintenant à sa troisième année d’études.

« Ça s’améliore. Dans mes projets maintenant, il n’y a plus de distinction. Mais il faut faire un pas de plus pour qu’il n’y ait pas de distinction », dit Alice Lemieux-Bourque.

Pour les femmes, il faut savoir prendre sa place, conviennent les quatre étudiantes.

« Dans les équipes de travail [à Polytechnique], dès que tu prends ta place, tu es une coéquipière à parts égales. Sur le marché du travail, il y a une génération qui n’a pas encore ce côté plus progressiste, où on voit des femmes en génie », dit Paméla Pasquis, étudiante en génie civil. Comme ses collègues, elle a fait des stages sur le terrain.

« C’est propre à être une femme dans le milieu », abonde Catherine Gaboriault, qui a notamment fait de la supervision en usine.

Quand tu arrives dans un nouvel emploi ou une nouvelle équipe, il ne faut pas laisser d’espace pour qu’ils pensent qu’ils peuvent te donner le rôle de secrétaire. Si tu laisses la place, par habitude, ils vont la prendre.

Catherine Gaboriault, finissante en génie mécanique

Et puis, poursuit sa collègue qui étudie en génie industriel, il faut aussi prouver qu’une femme « ne dit pas n’importe quoi ». « Il y a toujours un sentiment : il faut que je te teste, que je vérifie si c’est bon, ce que tu dis. Après deux ou trois fois, ils te font confiance », dit Élizabeth Roulier.

Peu de modèles féminins

Alice Lemieux-Bourque a été encouragée à aller en génie par sa mère, enseignante en mathématiques. Pour Paméla Pasquis, c’est un père et des cousins ingénieurs qui ont tracé la voie. « Quand j’étais jeune, je disais que je ne serais jamais ingénieure », dit-elle.

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Élizabeth Roulier, 21 ans, étudiante en génie industriel

Élizabeth Roulier renchérit. « Moi aussi, je me disais : c’est juste des gars, je ne veux pas aller là-dedans ! Mais ma mère m’a dit : ça t’énerve quand les choses ne sont pas organisées et que ça ne roule pas efficacement », relate-t-elle. Ainsi est né son intérêt pour le génie industriel.

Et les modèles de femmes ingénieures, en avaient-elles ? Non, répondent-elles d’une seule voix.

« Ç’aurait été le fun d’en avoir, hein ? », dit Catherine Gaboriault en riant.

Quant aux professeures qu’elles ont eues, elles se comptent sur les doigts d’une main. « J’ai eu une professeure. C’est celle que tout le monde a eue, je pense… », dit Élizabeth Roulier, pourtant en quatrième année d’études.

D’ici 2023, Polytechnique veut doubler la proportion de femmes dans le corps professoral. Celle-ci se situe actuellement à 14,6 %.

Si les quatre étudiantes ne se voient pas comme des modèles – pour l’instant, elles pensent surtout à la fin de session –, elles encourageraient volontiers d’autres jeunes filles à suivre leurs traces.

« Il ne faudrait pas qu’elles pensent que c’est juste des hommes en génie et qu’elles n’ont pas leur place », dit Catherine Gaboriault.

« Il faut avoir un peu de cran »

Quand elle parle des jeunes femmes qui étudient en génie à Polytechnique ou ailleurs, on sent toute l’admiration d’Annie Ross, directrice associée à la formation et à la recherche et professeure de génie mécanique à Polytechnique.

« Il faut accorder à ces jeunes femmes qu’elles sont ambitieuses, il faut avoir un peu de cran. Elles ont beaucoup d’initiative et ont cette capacité à se rassembler et à s’entraider. C’est vraiment formidable de voir à quel point elles arrivent à bien faire leur chemin. On voit une grande solidarité entre les jeunes femmes étudiantes, mais aussi avec leurs collègues masculins », dit-elle.

En 1989, Annie Ross étudiait le génie mécanique à Polytechnique. Elle estime qu’aujourd’hui, « l’ouverture à la diversité est immensément plus grande qu’il y a 30 ans ».

« Ce n’est pas seulement d’accepter qu’il y ait des femmes, ou des personnes de minorités visibles. C’est de valoriser qu’elles soient là et qu’elles apportent quelque chose de plus au milieu, à la profession. C’est de permettre à chacune des personnes d’être elle-même », dit-elle.

Dirait-elle qu’il y a 30 ans, elle devait être « one of the boys » ?

Annie Ross pèse ses mots. « J’ai évité ce terme, parce que je ne voulais pas que ce soit pris de travers. Mais oui, j’étais “one of the boys”, je me sentais “one of the boys” et je n’aurais pas apprécié d’être considérée comme différente. On avait à l’époque une plus grande uniformité. C’est ce que je trouve beau, maintenant, on valorise la diversité. »

Ça profite à tous, ajoute-t-elle. « C’est vrai aussi parmi les hommes. Même nos ingénieurs masculins sont plus diversifiés. »

Ce qui n’a pas changé en 30 ans, dit-elle toutefois, c’est la solidarité entre étudiants. « Des femmes, il n’y en a pas beaucoup, et il y en avait encore moins à l’époque. Les garçons savaient qu’on était une denrée rare – je le dis avec un grand sourire. Ils prenaient soin de nous et je pense que c’est encore le cas aujourd’hui. Quand on discute avec les étudiants, ils nous le disent : pour eux, les collègues femmes sont importantes, c’est important qu’elles se sentent bien. »

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Les chiffres sur les femmes en génie démontrent clairement leur sous-représentativité dans le domaine. Mais il n'y a pas que les chiffres, clame Ève Langelier, titulaire de la Chaire pour les femmes en sciences et en génie au Québec et professeure en génie mécanique à l’Université de Sherbrooke. « Tout le monde parle juste toujours des chiffres. Mais si les femmes sont mieux [en génie], peut-être que ça va aider à augmenter les chiffres. »

Derrière les chiffres

Dans les années 90, tandis qu’elle étudiait pour devenir ingénieure mécanique, un professeur a approché Ève Langelier pour lui proposer un stage dans une entreprise. L’offre était intéressante. Seulement, il y a eu un problème : l’entreprise en question ne voulait pas de femme comme stagiaire.

« Ça m’avait choquée, mais je me suis dit : “Ben là, s’ils ne veulent pas de moi, je ne veux certainement pas aller là. Je passe à un autre dossier.” Aujourd’hui, je trouverais ça vraiment effrayant », raconte Ève Langelier, titulaire de la Chaire pour les femmes en sciences et en génie au Québec et professeure en génie mécanique à l’Université de Sherbrooke.

Les chiffres sur les femmes en génie qui démontrent clairement leur sous-représentativité dans le domaine, elle les connaît bien. D’ailleurs, ils n’ont pas « tant changé » depuis le temps où elle étudiait.

« Il y a beaucoup de chemin à faire », dit la chercheuse. Or, elle veut bien parler d’autre chose que de chiffres.

Il y a les chiffres, mais il y a tout ce qu’on ne mesure pas. Ça, ça a changé.

Ève Langelier, titulaire de la Chaire pour les femmes en sciences et en génie au Québec et professeure en génie mécanique à l’Université de Sherbrooke

Quand elles sont ingénieures, cite-t-elle en exemple, les femmes « se sentent respectées, aiment les tâches qu’on leur donne ».

« Ça, c’est une belle évolution. Tout le monde parle juste toujours des chiffres. Mais si les femmes sont mieux [en génie], peut-être que ça va aider à augmenter les chiffres », dit Ève Langelier.

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Le génie informatique fait partie des domaines où le pourcentage d’étudiantes est très peu élevé.

N’empêche, on revient aux chiffres : comment se fait-il qu’il n’y ait pas davantage de femmes ingénieures ? « C’est LA question. Le bobo n’est pas à un endroit précis, c’est compliqué. C’est très multidimensionnel et très sociétal, ça part de quand on est très petits », dit Ève Langelier.

Elle cite des études qui ont démontré que, dès la petite enfance, des parents qui jouent avec leurs enfants avec des jouets scientifiques ont tendance à expliquer le phénomène physique aux garçons, sans en faire de même pour leurs filles.

Puis, entre le primaire et le secondaire, il existe chez les élèves, gars comme filles, une chute d’intérêt envers la science et les technologies. « Mais chez les garçons, ça remonte. Chez les filles, beaucoup moins », dit Ève Langelier.

Présidente de l’Ordre des ingénieurs du Québec (OIQ) depuis 2016, Kathy Baig fait aussi le constat qu’il y a « un enjeu de féminisation de la profession ».

« Je trouve ça dommage que plusieurs jeunes femmes, pour des raisons XYZ, ne vont pas accéder à la profession. C’est une profession qui a énormément d’influence, il est important d’avoir la présence des femmes, d’entendre leur voix », dit la présidente de l’OIQ.

Elle cite les stéréotypes sur la profession, mais aussi une méconnaissance de ce que fait une ingénieure. « Les jeunes filles veulent avoir le côté humain, changer les choses, et ont un peu de difficulté à le voir dans la profession », dit Kathy Baig.

C’est aussi ce que pense Annie Ross, directrice associée à la formation et à la recherche à Polytechnique Montréal.

Une médecin, on sait ce qu’elle fait. C’est beaucoup plus difficile de savoir ce que fait un ingénieur, c’est beaucoup plus difficile d’orienter nos filles vers ce domaine parce qu’on ne sait pas trop ce que c’est.

Annie Ross, directrice associée à la formation et à la recherche à Polytechnique Montréal

« Les ingénieurs travaillent beaucoup plus dans l’ombre que les médecins et pourtant, on a un impact très important sur la société », dit celle qui est aussi professeure de génie mécanique.

Annie Ross estime que tant que la profession ne sera pas mieux connue, il sera « difficile de faire accélérer le rythme de progression des femmes en génie ».

Encore maintenant, quand Ève Langelier dit qu’elle est professeure en génie mécanique, on lui fait parfois la moue.

« On me regarde en disant “ah ouain ?”. »

Elle précise en riant : elle n’aime pas les moteurs, mais elle adore le génie mécanique.

« C’est encore très stéréotypé, il faut s’attaquer à tout ça. Dans le programme de formation de l’école québécoise, la technologie, c’est l’enfant pauvre. Ce sont des professeurs de sciences qui doivent souvent enseigner la techno. Il faut appuyer les enseignants et enseignantes au secondaire, faire comprendre la technologie. Ce n’est pas juste la menuiserie, pas juste des cabanes d’oiseaux », dit-elle.

Le bio en tête

Au baccalauréat en 2017-2018, c’est en génie biologique et biomédical (53 %) et en génie alimentaire (49 %) qu’il y avait la plus grande représentation féminine. Le génie électrique (11 %), le génie mécanique (13 %) et le génie informatique (16 %) étaient les domaines avec la plus faible représentation.

Source : Chaire pour les femmes en sciences et en génie au Québec

30 en 30 : Ingénieurs Canada a lancé, il y a quelques années, cette initiative qui vise à avoir 30 % de femmes parmi les nouveaux ingénieurs en 2030. Au Québec, cette proportion est actuellement de 20 %.

65 000 : Nombre de membres de l’Ordre des ingénieurs du Québec en 2019

15 % : sont des femmes

Source : Ordre des ingénieurs du Québec

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Mélanie Kahle et sa fille aînée Natacha Désilets

« Le modèle, je l’avais dans ma maison ! »

Diplômée de Polytechnique dans les années 90, Mélanie Kahle occupe aujourd’hui un poste de direction chez Hatch. Son exemple a rejailli sur sa fille aînée Natacha Désilets qui, à 19 ans, vient de commencer ses études en génie des opérations et de la logistique à l’École de technologie supérieure. Conversation autour des femmes et du génie.

Comment êtes-vous arrivées au génie ?

Mélanie Kahle : Au cégep, je considérais différentes carrières, mais j’ai été intéressée par le génie chimique. J’ai un père ingénieur, ça a dû m’influencer un peu. J’ai commencé à Polytechnique en 1992, quelques années après la tuerie. J’ai été marquée, j’ai pensé beaucoup à cet événement-là avant et pendant mes études. Mais on ne parlait pas de ça. C’était là, mais ce n’était pas un sujet de conversation. Ça ne m’a pas empêché d’aller en génie.

Natacha Désilets : Les gens me disent souvent que je suis la voie de mes parents, parce qu’ils sont ingénieurs tous les deux. Mais c’est aussi parce que j’ai eu l’occasion assez tôt de voir c’est quoi un ingénieur et je me suis bien identifiée à cette description-là. J’aime ça résoudre des problèmes.

Avez-vous encouragé Natacha à aller en génie ?

Mélanie Kahle : De toute évidence, j’ai encouragé ma fille à y aller, mais on n’a pas essayé de convaincre nos enfants qu’ils devaient suivre la même voie que nous. J’ai parlé de mon travail à Natacha régulièrement, mais pas trop non plus. Je pense qu’on a toujours beaucoup parlé de sciences et de technologies à la maison parce que ça nous intéresse, ça a dû être un facteur.

En tant que femme, avez-vous senti une différence quand vous avez étudié à Polytechnique dans les années 90 ?

Mélanie Kahle : C’était presque la parité en génie chimique quand j’ai étudié et c’est encore le cas aujourd’hui, donc je ne me sentais pas tant en minorité. C’est quand je suis arrivée sur le marché du travail que j’ai vu une différence. Quand j’ai commencé chez Hatch, c’était tous des hommes à la direction. Il n’y avait presque pas de jeunes femmes. Je me rappelle trois ou quatre femmes qui avaient une dizaine d’années de plus que moi et ça se limitait à ça. Ç’a été un choc.

Ce qui est difficile quand on est une jeune ingénieure, c’est de se projeter dans un rôle qu’on pourrait avoir plus tard, comme un chef de projet ou un chef d’équipe, alors que les exemples sont seulement des hommes.

J’ai travaillé avec un chef d’équipe en particulier qui avait beaucoup de présence. Je me disais que j’aimerais ça être comme ça, mais je ne pouvais pas me voir comme ça, je ne savais pas être comme ça, parce que c’était trop masculin comme façon d’être.

Comment ça se vit à l’École de technologie supérieure ?

Natacha Désilets : J’ai de la misère à voir cette différence-là, parce qu’à l’université il y a plus de gars, oui, mais je ne le remarque pas. On est tous sur un pied d’égalité, on a tous accès à la même chose. Je ne trouve pas qu’il y a un mur entre moi et les autres élèves, garçons ou filles. Je n’ai jamais été dans le milieu du travail du génie, donc c’est difficile de savoir comment je me sentirais.

J’ai choisi par moi-même de devenir ingénieure et je n’ai pas eu peur, je n’ai pas eu d’inquiétudes. Que ma mère le soit, ça m’a montré que c’était une option. Il y a plein de filles qui n’ont pas de modèle féminin en génie ou en sciences et j’imagine que c’est plus difficile de se projeter dans un rôle quand on n’a aucun exemple.

Le modèle, je l’avais dans ma maison ! Dès que j’avais des questions, elle était toujours là pour me répondre.

Comment y êtes-vous parvenue sans modèle ?

Mélanie Kahle : J’ai laissé les gens m’inspirer, qu’ils soient des hommes ou des femmes, et j’en ai construit un moi-même graduellement. Pour qu’une femme se visualise dans un rôle et qu’elle ait des aspirations plus grandes, ça aide d’avoir des modèles. Mes ambitions sont le fruit du chemin que j’ai parcouru. S’il y a plus de femmes qui voient plus de modèles forts, il va y avoir plus de femmes qui vont avoir des ambitions élevées.

C’est intimidant être la seule femme dans un groupe, c’est plus difficile de prendre sa place quand on est en minorité. Mais on ne peut pas juste laisser les filles prendre leur place, il faut leur donner des outils.

Auriez-vous des conseils à donner aux femmes ?

Mélanie Kahle : C’est utile de s’informer sur ces métiers-là. Les filles doivent comprendre qu’elles sont capables d’être bonnes là-dedans, de retirer beaucoup de satisfaction d’un métier en sciences et en génie.

Et à Natacha ?

Apprends le plus de choses possible. Tu fais juste commencer !

La conversation a été éditée à des fins de concision.