Après des partis politiques et leurs candidats, c’est au tour de la plus grande centrale syndicale du Québec, la FTQ, d’atteindre la zone paritaire hommes-femmes dans ses plus hautes instances.

Lia Lévesque
La Presse canadienne

Le Bureau de direction de la FTQ, qui est composé de 17 personnes, compte désormais 7 femmes et 10 hommes — une première pour la centrale de plus de 600 000 membres. Les femmes représentent donc 41 % des membres du Bureau de direction.

Qui plus est, le membership de la FTQ n’est pas composé moitié-moitié d’hommes et de femmes, mais bien de 37 % de femmes et 63 % d’hommes. La FTQ compte en effet de grands syndicats qui sont très présents dans les milieux traditionnellement masculins, comme les alumineries, les mines, la forêt, la construction et l’aéronautique.

« La FTQ est représentative de ses membres et il y a de plus en plus de femmes qui y militent. Et je vous avoue que c’est rafraîchissant pour l’organisation. Je vois d’un bon œil l’arrivée des femmes en plus grand nombre au Bureau de la FTQ », s’est exclamé Daniel Boyer, président de la FTQ, en entrevue avec La Presse canadienne mardi.

Il y a plus de 20 ans, trois postes avaient été réservés aux femmes, parce que la FTQ estimait qu’elles n’étaient pas suffisamment représentées. Mais depuis, l’accroissement de leur présence s’est fait sans que des quotas aient à être imposés. « Ça s’est fait naturellement », se réjouit M. Boyer.

C’est au Bureau de direction de la FTQ que se prennent les décisions sur les grandes orientations politiques de la centrale syndicale, sur la coordination de ses interventions, sur ses collaborations avec d’autres organisations, entre autres.

Les suites du congrès

Par ailleurs, M. Boyer amorce son troisième mandat à la tête de la FTQ, à la suite du congrès triennal qui a eu lieu la semaine dernière à Québec. « On a beaucoup de pain sur la planche. On est un peu "boosté" par les débats qu’on a eus », a-t-il confié.

Le nouveau secrétaire général de la FTQ, Denis Bolduc, issu du Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP), est arrivé en poste, succédant ainsi à Serge Cadieux, qui n’a pas sollicité de renouvellement de mandat.

Les 1000 délégués ont adopté deux grandes déclarations de politique, l’une sur la réforme de la santé et la sécurité du travail, l’autre sur l’implantation d’un régime universel et public d’assurance médicaments.

Pour ce qui est du régime public d’assurance médicaments au pays, revendiqué par la FTQ et par d’autres organisations syndicales, M. Boyer croit que l’avènement d’un gouvernement minoritaire au fédéral pourrait accélérer les choses.

« On veut notre propre régime au Québec, parce qu’on a quelque chose de particulier, qui est un régime hybride et qui ne fait pas la job, autant la partie publique que la partie privée. Le gouvernement du Parti libéral du Canada a mis les morceaux ensemble dans le but de créer ce régime-là et, maintenant, avec un gouvernement minoritaire libéral, et avec le NPD et le Bloc qui sont favorables à l’instauration d’un régime d’assurance médicaments public universel, je pense qu’on va y arriver plus vite que ce qu’on pensait quand on a lancé cette campagne-là. Et ça, on s’en réjouit », a-t-il conclu.