(Montréal) La Société québécoise du cannabis (SQDC) ne vendra pas de produits de vapotage au cannabis pour le moment, a-t-elle fait savoir mercredi.

Stéphanie Marin
La Presse canadienne

Elle y est pourtant autorisée. Le gouvernement du Québec a publié mercredi un règlement déterminant les catégories additionnelles pouvant être vendues par la SQDC. On y prévoit notamment la vente de produits comestibles et des extraits, ce qui vise les liquides de vapotage au cannabis.

Mais le même jour, le gouvernement a fait une mise en garde à ce sujet, rappelant aux Québécois les risques de développer une maladie pulmonaire aiguë associée au vapotage de cannabis (ou cannabinoïdes tels que le THC ou le CBD).

Le directeur national de santé publique, Horacio Arruda, a ainsi invité la population à s’abstenir de faire usage de produits de vapotage de cannabis, qu’ils proviennent d’une source légale ou illégale.

Le directeur estime de plus que la SQDC, « en vertu de sa mission de vente de cannabis dans une perspective de protection de la santé », ne devrait vendre aucun liquide de vapotage de cannabis jusqu’à nouvel ordre.

Contactée à ce sujet mercredi, la SQDC a confirmé avoir pris la décision de ne vendre aucun liquide ni produit de vapotage.

« À la lumière des nombreux cas de problèmes de santé qui ont été recensés récemment aux États-Unis, notamment chez les adolescents et les jeunes adultes, nous avons pris la décision de ne pas vendre de produits liés au vapotage parce que nous n’avons pas encore assez de données probantes pour déterminer la ou les causes », a indiqué Fabrice Giguère, porte-parole de la SQDC.

La mise en garde du directeur de la santé publique vient appuyer et légitimiser cette décision, a-t-il ajouté.

Les faits à la base de la recommandation

Dans cet avis du directeur de la santé publique, il est précisé qu’en date de mercredi, plus de 2000 cas de maladies pulmonaires liés au vapotage ont été signalés aux États-Unis, et plusieurs dizaines de décès ont été confirmés. La grande majorité (86 %) des personnes touchées ont rapporté avoir fait usage de produits contenant des cannabinoïdes, tels que le THC et le CBD. Le vapotage de cannabis joue donc un rôle important dans l’apparition de telles maladies pulmonaires, est-il écrit.

La mise en garde précise qu’à ce jour, « la cause de ces maladies demeure indéterminée » et qu’aucun produit, ingrédient ou composant ne semble émerger comme étant la cause unique et les causes pourraient être multiples. Si l’acétate de vitamine E a été identifié comme étant impliqué dans certains cas, il ne peut expliquer à lui seul tous les cas rapportés.

Au Canada, il y a huit cas confirmés ou probables de maladies pulmonaires liés au vapotage et d’autres cas sont en évaluation, écrit le directeur de la santé publique. Certains semblent liés au cannabis, d’autres au vapotage d’autres substances (nicotine ou arômes), peut-on y lire.

La Coalition québécoise pour le contrôle du tabac a salué « l’approche basée sur la prudence » manifestée par Québec par le biais de sa mise en garde sur le vapotage du cannabis et du règlement déterminant d’autres catégories de cannabis qui peuvent être vendues par la SQDC.

Produits comestibles

Le règlement publié mercredi donne aussi des précisions sur ce qui pourra être vendu ou non par la SQDC.

Les produits comestibles ne seront toutefois pas sur les tablettes avant le 1er janvier 2020.

Ce n’est pas une course, a précisé M. Giguère.

La SQDC indique vouloir laisser le temps à tous les acteurs concernés de faire le travail nécessaire. Les produits arriveront donc en succursale graduellement, tout au long de l’année.

La liste des produits qui seront en vente n’a pas encore été établie, a-t-il déclaré.

Le règlement interdit toutefois les friandises, les confiseries, les desserts, le chocolat ou tout autre produit attrayant pour les personnes âgées de moins de 21 ans. Donc interdits notamment ceux dont la « forme ou l’apparence ressemble notamment à un jouet, un fruit, un animal ou un personnage réel ou fictif ».

Il est donc attendu que les produits en vente soient surtout des breuvages infusés au THC, comme des thés et des eaux aromatisées.