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Les sinistrés ont besoin d'aide à long terme

Il y a un an, plusieurs Québécois ont... (Photo Alain Roberge, Archives La Presse)

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Il y a un an, plusieurs Québécois ont vu l'eau prendre leurs maisons d'assaut.

Photo Alain Roberge, Archives La Presse

Il y a un an, les citoyens de Rigaud, de Vaudreuil et de plusieurs autres villes du Québec ont vu l'eau prendre leurs maisons d'assaut. Les caméras de télévision, depuis, sont reparties. Mais le stress des sinistrés demeure et pourrait durer des années.

C'est le message que lance Danielle Maltais, professeure au département des sciences humaines et sociales à l'Université du Québec à Chicoutimi.

« On aide beaucoup les gens au début. On ne peut pas critiquer les services psychosociaux qui sont offerts aux victimes lorsque les catastrophes surviennent au Québec. Là où c'est plus dur, c'est le soutien à long terme », dit-elle, interpellant les autorités à faire mieux.

Les sinistrés, la professeure Maltais les connaît comme peu de chercheurs peuvent se vanter de les connaître au Québec. Des glissements de terrain de Saint-Jean-Vianney, en 1971, jusqu'à la tragédie de Lac-Mégantic, en 2013, en passant par les inondations du Saguenay, en 1996, et le verglas en 1998, la chercheuse a interviewé des centaines de sinistrés, certains pendant huit ans, et a suivi leur parcours.

Le constat : ces catastrophes ne laissent pas seulement des marques sur les maisons. Elles peuvent aussi provoquer des tensions dans les couples, miner la santé financière des familles, conduire des gens à refuser des promotions parce qu'il y a trop de démarches à faire à la maison.

PERDRE SA MAISON, UNE ÉPREUVE SOUS-ESTIMÉE

La chercheuse a notamment montré que la perte d'une maison est un événement difficile à surmonter, qui peut mener à une nostalgie à long terme.

« Notre maison est un prolongement de nous-mêmes. C'est un reflet de notre personnalité. »

- Danielle Maltais, professeure à l'Université du Québec à Chicoutimi

Par des entrevues, la chercheuse a montré que les gens qui doivent se reloger considèrent souvent leur nouvelle maison comme un simple abri contre les intempéries, qui provoque un « sentiment d'étrangeté » dépourvu d'attachement.

De façon générale, « une catastrophe génère une variété de stress qui s'accumulent et qui peuvent durer des années », explique la chercheuse. Ironiquement, c'est souvent quand la vie finit par retrouver son cours normal que les problèmes de santé psychosociaux apparaissent.

« Avant, les gens sont trop occupés », explique la scientifique.

DU POSITIF

La chercheuse refuse toutefois de peindre le tableau en noir. Après quelques années, parfois même avant, du positif ressort des catastrophes. « À long terme, les gens qu'on a rencontrés nous disent : "J'ai changé mes valeurs personnelles. Je suis moins matérialiste. Je suis plus attentif aux besoins des autres. Je dis plus souvent à ma famille, à mes amis et à mon conjoint que je les aime." Les gens nous disent qu'ils ont réalisé la valeur de l'autre et ce qui est important dans la vie », témoigne Danielle Maltais.

Dans l'épreuve, certains se découvrent une force de caractère qu'ils ne soupçonnaient pas. Des leaders émergent. Dans les communautés, des élans de solidarité s'observent, des rapprochements s'effectuent, et des liens se tissent.

« C'est important de donner espoir aux sinistrés, insiste Danielle Maltais. Parce que du positif, on en observe aussi beaucoup. »




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