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Passeport: cocher «X» n'est pas sans risque pour les transgenres

Les personnes transgenres qui cochent l'option «X» dans... (PHOTO ANNE GAUTHIER, ARCHIVES LA PRESSE)

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Les personnes transgenres qui cochent l'option «X» dans leur passeport pourraient «avoir des problèmes à l'étranger [qui vont] du risque de persécution au risque d'être soupçonné de fraude liée à l'identité», peut-on lire dans un document rédigé par de hauts fonctionnaires de Citoyenneté et Immigration Canada en 2015.

PHOTO ANNE GAUTHIER, ARCHIVES LA PRESSE

Louise Leduc
La Presse

Est-il sûr pour les personnes transgenres de cocher «X» plutôt que masculin ou féminin dans leur passeport, comme le gouvernement Trudeau a permis de le faire l'été dernier? Rien n'est moins sûr, selon la mise en garde de hauts fonctionnaires de Citoyenneté et Immigration Canada, qui ont prévenu Ottawa que de tels passeports étaient loin d'immuniser leurs titulaires contre les risques de persécution.

«Les clients transgenres peuvent avoir des problèmes à l'étranger si leur apparence ne correspond pas au genre inscrit dans leurs documents de voyage. Cela va du risque de persécution au risque d'être soupçonné de fraude liée à l'identité. Malheureusement, un document de voyage qui permettrait de cocher "X" (plutôt que masculin ou féminin) ne changerait pas cette dynamique», écrivait en 2015 Robert Orr, sous-ministre à Citoyenneté et Immigration Canada dans un document cosigné par sa collègue Wilma Vreeswijk.

Le document obtenu par La Presse a été rédigé au moment où Ottawa envisageait la création d'une option «X». Ce qui ressort de ce document largement caviardé, c'est l'inquiétude de ses auteurs qui soulignent que seulement huit pays dans le monde délivrent de tels passeports.

Les Canadiens qui en seraient titulaires, est-il écrit, risqueraient d'attendre plus longtemps aux postes-frontière, «voire de rater leur avion en raison des vérifications supplémentaires qui pourraient être faites par les compagnies aériennes ou les douaniers à l'arrivée».

«La persécution est aussi une possibilité dans certains pays.»

X ou pas dans le passeport, le fait que toutes les provinces n'ont pas les mêmes politiques en matière de pièces d'identité pose aussi problème.

En voyageant avec différentes pièces d'identité qui les identifient sous différents genres, les transgenres peuvent être soupçonnés de tenter de frauder sur leur identité, soulignent aussi les auteurs du document.

Invitation à la prudence

Un cadeau empoisonné, que cette ouverture à la réalité trans dans les passeports? Julien Leroux-Richardson, président de l'association Aide aux trans, continue de penser que l'option «X» est une très bonne chose.

Cela dit, «dans nos messages aux trans, nous insistons beaucoup sur le fait qu'ils doivent être très prudents en voyage. Juste en Afrique, sur 54 pays, il y en a 50 où tout ce qui est LGBT est illégal. Dans un très grand nombre de pays, on risque l'emprisonnement.»

Laurent McCutcheon, militant de longue date pour les droits des homosexuels et qui défend aussi les droits des trans, signale que les homosexuels ont eux aussi intérêt à choisir avec prudence leur destination. 

«En France, dans la plupart des pays occidentaux, ça va, mais mieux vaut ne pas se pointer en Arabie saoudite ou dans plusieurs pays d'Afrique.»

Un passeport avec l'option «X» expose peut-être son titulaire à des difficultés, «mais en même temps, si personne ne sortait jamais des sentiers battus, on n'avancerait jamais».

«C'est un peu comme quand on fait son coming out, poursuit M. McCutcheon. Il faut vivre avec ce qui suit. De la même façon, si on voyage avec un passeport particulier, on est conscients de ce à quoi cela nous expose.»

Au téléphone, Hursh Jaswal, attaché de presse du ministre Ahmed D. Hussen (Citoyenneté et Immigration Canada), n'a pas commenté le document signé par les hauts fonctionnaires. Il a simplement souligné que les personnes transgenres, comme toute personne, devaient consulter les avis aux voyageurs pour être bien conscients des dangers présents dans différents pays.

- Avec William Leclerc, La Presse




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