Alain Bruneau, 38 ans, possède avec son père une ferme laitière et de culture de céréales à Sainte-Cécile-de-Milton, en Montérégie. Célibataire, il tente de trouver l'amour sur l'internet. Écrit-il qu'il est agriculteur? «Pas au début, admet-il en souriant. Je n'aborde pas le sujet du premier coup.»

Marie Allard LA PRESSE

«Dans les sites de rencontres pour le grand public, il semble y avoir un blocage quand on dit qu'on est agriculteur, confirme Luc Gagnon, concepteur de sites internet. La communication se rompt.»

Pour éviter les déceptions, M. Gagnon a fondé le site Agrirencontre.com, un gros succès. Près de 62 000 personnes s'y sont inscrites en bientôt 10 ans. Des fermiers, «mais aussi d'autres gens qui ont un intérêt pour la campagne, parce que sinon, on aurait beaucoup trop d'hommes par rapport au nombre de femmes», explique-t-il. Même les homosexuels ruraux ont leur section du site.

Courrier du coeur agricole

L'hebdomadaire La Terre de chez nous publie aussi des messages d'agriculteurs esseulés. «Fab», fermier dans la mi-trentaine, disait récemment chercher la perle rare. «Parce que pour accepter toutes les contraintes du métier et vivre sur une ferme, il faut être une vraie petite perle», écrivait-il.

«La conciliation travail-famille ou travail-vie personnelle n'est pas toujours facile à atteindre pour les agriculteurs», observe Catherine, qui tient le courrier du coeur de La Terre de chez nous.

Il existe pourtant des solutions. Depuis six mois, Alain Bruneau emploie un employé occasionnel, pour avoir plus de temps libre. L'agriculteur aux yeux bleus a maintenant quatre jours de congé par... mois. Et une semaine de vacances, en hiver, pour voyager. «J'aime bien ça, souligne-t-il. Avant, je ne prenais pas de congés, c'est pour ça qu'elle (son ex) est partie.»