Ottawa convoquerait à l'automne une rencontre sur les questions autochtones, en compagnie de leurs principaux représentants et des premiers ministres de toutes les provinces et territoires du pays. Un mois après que Québec eut lancé une invitation similaire aux communautés d'ici, cette nouvelle main tendue par un premier ministre suscite beaucoup d'espoir.

Mis à jour le 20 juill. 2008
Violaine Ballivy

«Nous voulons nous asseoir avec les premiers ministres des autres provinces, et le sujet des communautés autochtones sera certainement au menu de nos discussions», a indiqué hier Kory Teneycke, directeur des communications de Stephen Harper.

Depuis leur arrivée au pouvoir, les conservateurs ont été la cible de critiques de la part des leaders autochtones, qui leur ont notamment reproché de ne pas respecter les accords de Kelowna signés par les libéraux de Paul Martin en 2005. Cette entente prévoyait des investissements de 5 milliards de dollars d'ici cinq ans pour permettre aux autochtones de rejoindre d'ici 2015 les standards de vie moyens des autres Canadiens.

Excuses officielles

Le 11 juin, les conservateurs ont franchi une étape importante en présentant des excuses officielles pour les mauvais traitements subis dans les pensionnats autochtones du pays. «Malheureusement, ces excuses n'étaient pas accompagnées de gestes concrets, mais je souhaite sincèrement que l'on soit en train d'assister à un changement d'attitude de la part du gouvernement», a commenté hier Ghislain Picard, chef de l'Association des Premières Nations du Québec et du Labrador (APNQL).

Selon M. Picard, cette rencontre «risque de changer radicalement les perspectives d'avenir de nos communautés», car à l'heure actuelle, «nous n'avons aucune relation continue et durable avec le gouvernement fédéral, ce qui nous empêche de le confronter sur les questions qui nous préoccupent».

Financement de l'éducation

Cette ouverture du premier ministre Harper fait aussi écho à la demande formulée cette semaine par Jean Charest au nom des premiers ministres des provinces et des territoires réunis à Québec pour le Conseil de la fédération. M. Charest a ainsi affirmé mercredi que le financement de l'éducation dans les communautés autochtones devrait être l'une des priorités à discuter lors d'une future rencontre. Au Canada, a-t-il rappelé, les dépenses dans l'éducation des enfants issus des Premières Nations sont deux fois moins élevées que pour ceux provenant des autres communautés. «En soi, ce chiffre parle beaucoup», a-t-il dit.

L'enthousiasme des communautés autochtones a toutefois été limité par le flou entourant les modalités de cette rencontre. «Nous n'en sommes pas encore rendus à convoquer un sommet. Ce serait exagéré», a relativisé Kory Teneycke. Les discussions s'inscriraient plutôt dans le cadre de la rencontre traditionnelle de l'automne entre le premier ministre et ses homologues des provinces et territoires. Hier, le cabinet de Jean Charest a refusé de commenter la nouvelle, n'ayant pas encore reçu le programme de la rencontre des premiers ministres prévue à l'automne.