Les Québécois éliront un nouveau gouvernement le 1er octobre prochain. D'ici là, La Presse a voulu sonder l'état d'esprit des électeurs. Nos journalistes et nos photographes ont été à leur rencontre dans 100 villes différentes dans toutes les régions du Québec. Découvrez ce que les électeurs ont à dire.

Mis à jour le 28 juin 2018
Isabelle Ducas LA PRESSE

Ludivine Fournier, Rimouski, 70 ans, retraitée de l'enseignement.

QU'EST-CE QUI VOUS PRÉOCCUPE EN CE MOMENT ?

Refaire la décoration de mon salon. Quand on est à la retraite, on est souvent à la maison et il faut qu'on se sente bien. Je suis tannée de voir le même décor.

QUELLE EST LA DERNIÈRE CHOSE QUI VOUS A MIS DE BONNE HUMEUR ?

C'est l'appel que mon mari vient de recevoir de son cardiologue pour lui donner un rendez-vous. Il est suivi pour son angine, tous les deux ans, mais on se demande toujours si ça ne sera pas retardé. Déjà qu'on va perdre notre médecin de famille, qui part à la retraite. On devra s'inscrire au registre pour avoir un nouveau médecin, et on nous dit que ça prend de 200 à 300 jours pour être pris en charge.

QUELLE EST LA DERNIÈRE CHOSE QUI VOUS A MIS EN COLÈRE ?

C'est la question des réfugiés. De voir ces pauvres gens qui partent de chez eux avec rien d'autre que leur petit sac, qui sont prêts à tout pour ne pas retourner dans leur pays. Il faudrait les attirer dans les régions, où on manque tellement de main-d'oeuvre.

SI VOUS POUVIEZ ET VOULIEZ VIVRE DANS UNE AUTRE VILLE DU QUÉBEC, LAQUELLE SERAIT-CE, ET POURQUOI ?

Peut-être Québec, parce qu'on aime l'ambiance européenne dans le Vieux-Québec. Mais on ne voudrait pas partir de Rimouski, on connaît tellement de monde ici !

SI VOUS POUVIEZ CHANGER UNE SEULE CHOSE DANS VOTRE CIRCONSCRIPTION, QU'EST-CE QUE CE SERAIT ?

Avoir plus d'avantages et des tarifs plus abordables pour les aînés, pour des spectacles, le cinéma et d'autres activités. On fait beaucoup de bénévolat, et on voit que certaines personnes âgées ont très peu de moyens.

SI VOUS POUVIEZ CHANGER UNE SEULE CHOSE AU QUÉBEC, QU'EST-CE QUE CE SERAIT ?

Réduire l'écart entre les riches et les pauvres. L'écart s'agrandit de plus en plus et ça me dérange. Par exemple, regardons les salaires des médecins en comparaison de ceux des préposés aux bénéficiaires dans les hôpitaux. Les préposés travaillent très fort, s'ils ne sont pas là, l'hôpital ne peut pas fonctionner.

QUEL EST LE DERNIER CONTENU QUE VOUS AVEZ PARTAGÉ SUR FACEBOOK ?

Je n'ai pas de compte Facebook. Je n'en ressens pas le besoin. Mais j'utilise beaucoup ma tablette et l'ordinateur.

OÙ VOUS VOYEZ-VOUS DANS CINQ ANS ?

Encore ici, dans ma maison, en espérant être toujours en bonne santé.

QU'EST-CE QUE C'EST, POUR VOUS, ÊTRE QUÉBÉCOIS ?

Être pacifique et accueillant. Les Québécois sont ouverts et ont des rapports beaucoup moins hiérarchiques, si on compare à la France. Les femmes sont aussi plus directes et plus libres ici.

VOUS DEVENEZ PREMIER MINISTRE DEMAIN. QUELLE EST LA PREMIÈRE PHRASE DE VOTRE PREMIER DISCOURS ?

Ma priorité sera la justice sociale, pour améliorer réellement la qualité de vie des gens.

Si un chef de parti croisait votre chemin pendant la campagne électorale, de quelle préoccupation aimeriez-vous lui parler? Préserver votre emploi, acquérir une propriété, refaire une route dangereuse? Dites-nous ce qui vous préoccupe, et pourquoi, en 250 mots, en écrivant à centvilles@lapresse.ca en prenant soin de préciser votre nom, votre âge, ce que vous faites et la municipalité dans laquelle vous vivez. Nous publierons un certain nombre de messages pendant la campagne électorale, en septembre.