Autour d'un lac: attachantes îles de Sorel

Arnaud Dufour, 11 ans, pêche sur un quai en bordure... (Photo Ivanoh Demers, La Presse)

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Arnaud Dufour, 11 ans, pêche sur un quai en bordure du chenal du Moine.

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(SOREL-TRACY) Quand il fait beau, tout le monde veut être au bord de l'eau. Nos journalistes vous proposent de courtes escapades estivales autour d'un lac.

Les habitants de Sorel-Tracy et du pourtour du lac Saint-Pierre ont de quoi plastronner. Car ce point d'eau, élargissement du fleuve Saint-Laurent sis à une heure de voiture de Montréal, constitue une exceptionnelle zone de biodiversité végétale et animale.

Sceptique? Allez y faire un tour. Prenez le temps d'explorer ses îles et ses chenaux où règne un calme exceptionnel. Où les basses eaux des marais abritent une flore dense et verdoyante grouillante de vie animale et aviaire. On jurerait des bayous. Sans les alligators. Mais avec quelques moustiques, on en conviendra.

Dans son premier voyage vers Montréal (1535), Jacques Cartier est bien entendu passé là le premier. Mais on attribue à Samuel de Champlain le nouveau nom de baptême du lac lors de son exploration de 1603. «Le 29 juin, fête de saint Pierre, on entre dans le lac appelé jusque-là Angoulême», lit-on dans «Un nouvel inventaire du Saint-Laurent, 1603», article du grand historien Marcel Trudel publié en 1962 dans la Revue d'histoire de l'Amérique française.

À l'instar de communautés amérindiennes, les Blancs, qui y voient les multiples possibilités de chasse, de pêche et de navigation, s'y installent rapidement. La meilleure preuve étant qu'à l'image de Montréal, Sorel célèbre cette année le 375e anniversaire de sa fondation.

Aller dans la région de Sorel-Tracy sans une balade... (Photo Ivanoh Demers, La Presse) - image 2.0

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Aller dans la région de Sorel-Tracy sans une balade sur l'eau, c'est... manquer le bateau. On le prendra à partir du Biophare, comme ici, en compagnie du capitaine Yves Marchand (il sait tout!), ou à la Maison du marais de Sainte-Anne-de-Sorel.

Photo Ivanoh Demers, La Presse

En 1642 donc, un premier fort, dit Richelieu, est construit au confluent de la rivière du même nom. Abandonné, il est reconstruit en 1655 par le capitaine Pierre de Saurel, membre du régiment de Carignan-Salières dirigé par le marquis de Tracy. Et voilà pour la toponymie!

Faisons un saut de 15 décennies dans le temps pour aboutir au début du XIXe siècle. Selon le résumé historique de la ville publié sur le site web de celle-ci, l'industrie du commerce de la fourrure fait place à celle des produits forestiers et des chantiers navals. Les grandes industries lourdes (sidérurgie, métallurgie) apparaîtront dans la seconde moitié du XXe siècle.

Dans le centre-ville enserré entre les rives du Richelieu, du fleuve et de l'avenue de l'Hôtel-Dieu, les petites maisons blanches au clin horizontal semblent, au premier coup d'oeil, figées et surannées. Mais elles se révèlent coquettes, chaleureuses et porteuses d'histoire dès le second. On les découvrira au rythme d'un parcours littéraire témoin de la richesse de l'endroit dans la littérature québécoise.

Bienfaisante nature

Sans tourner le dos à son passé naval et industriel, la région a su s'approprier ses autres attributs. Véritable porte d'entrée - en tenant compte du courant du fleuve - du lac Saint-Pierre, la région est un écrin de trésors naturels. Là où le fleuve se gonfle pour devenir lac sur près de 500 km2, 103 îles de toutes formes et de toutes tailles s'explorent à travers des canaux naturels.

Bien connu grâce à la plume de Germaine Guèvremont... (Photo Ivanoh Demers, La Presse) - image 3.0

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Bien connu grâce à la plume de Germaine Guèvremont (Le survenant), le chenal du Moine, qui doit son nom à un ecclésiastique qui y célébrait la messe au milieu du XVIIe siècle, longe plusieurs îles de Sorel bordées de quais, de cabanes d'oiseaux et de maisons sur pilotis.

Photo Ivanoh Demers, La Presse

Les habitations et chalets, dont celui de Germaine Guèvremont (privé), sont peu nombreux. La faune ailée, au contraire, est étourdissante de variété. À ce chapitre, notre arrêt à la Maison du marais, en bordure de la baie de Lavallière, reste mémorable.

Au-delà des îles, le lac demeure peu profond (3 m en moyenne), ce qui est parfait pour les sports nautiques comme le kayak. Ajoutons à cela les visites semestrielles des oies blanches dans leurs mouvements migratoires et un ensoleillement parmi les plus généreux du Québec, et on peut conclure que la région a tout ce qu'il faut pour bien servir le tourisme de nature.

Depuis 20 ans, la région du lac a été classée, deux fois plutôt qu'une, au sein de registres mondiaux de patrimoine écologique: la Convention de Ramsar sur les sites de zones humides d'importance mondiale et la Réserve de la biosphère de l'UNESCO.

Évidemment, tout n'est pas parfait, comme le rappelle ce moratoire sur la pêche instauré pour freiner l'effondrement des stocks de perchaudes, la fragilité des berges et le ratissage annuel des fonds à la recherche d'obus, éclatés ou non, tirés par la Défense nationale.

Il reste que par beau temps, le secteur possède tout ce qui est nécessaire pour séduire les ornithologues, photographes, amateurs de nautisme et amants de la nature.




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