Air Canada suspend jusqu'à nouvel ordre ses vols sur Caracas à cause de l'agitation civile au Venezuela. Le transporteur affirme ne plus être en mesure d'assurer la sécurité de l'exploitation de cette liaison.

La compagnie aérienne invite ses clients qui ont des billets pour un vol à destination ou au départ de Caracas et qui n'ont pas encore commencé leur voyage à se faire rembourser. Les clients qui ont commencé leur voyage peuvent modifier leur réservation sans frais pour voyager avec un autre transporteur ou se faire rembourser la portion inutilisée de leur billet. Les clients qui ont acheté leur billet auprès d'un agent de voyages doivent communiquer avec lui pour obtenir de l'assistance.

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Air Canada continue de surveiller la situation et évaluera la possibilité de rétablir ses vols lorsqu'elle sera convaincue que la situation au Venezuela s'est stabilisée.

Plusieurs transporteurs réduisent leur offre

Par ailleurs, au moins 11 des 26 compagnies aériennes internationales opérant au Venezuela ont réduit la fréquence de leurs vols ou la taille des avions desservant le pays, selon une enquête publiée lundi par le quotidien local Ultimas Noticias.

Ces compagnies sont contraintes de réduire leurs activités suite aux impayés du gouvernement vénézuélien, qui selon l'Association internationale du transport aérien (IATA) accuse un total de 3,7 milliards de dollars de dettes auprès des acteurs du trafic aérien. Par exemple, Caracas doit environ 400 millions de dollars à la Panaméenne Copa, qui opère 42 vols hebdomadaires au Venezuela.

Ainsi, le compagnie d'Aruba, Tiara Air, a annoncé avoir réduit son offre de 78% et la Colombienne Avianca de 66%, selon Ultimas Noticias.

De leur côté, Air France, Lufthansa, Iberia, Air Europa, American Airlines, Air Canada, Copa et Lan Peru ont réduit la fréquence de leurs vols et/ou la taille des avions au départ et à l'arrivée du Venezuela, provoquant une baisse substantielle de l'offre variant de 15 à 35% pour ces compagnies.

Au Venezuela, où un sévère contrôle des changes est en vigueur depuis 2003, les compagnies facturent leurs billets en bolivares (monnaie nationale non convertible à l'étranger), que l'État leur échange ensuite en dollars. Mais, selon l'IATA, Cacaras a cessé d'alimenter les compagnies en devises depuis octobre 2013.

La semaine dernière, la compagnie centro-américaine Avianca-Taca a annoncé la suspension de ses vols entre San Jose et Caracas a partir du 7 avril en raison d'un manque de «rentabilité». D'autres compagnies étrangères telles que l'Équatorienne Tame ou la Portugaise TAP avaient auparavant réduit leurs opérations dans le pays.

En outre, depuis janvier dernier, de nombreuses compagnies ont limité les possibilités d'achats de billets au Venezuela, ouvrant les ventes au dernier moment pour les places n'ayant pas pu être vendues à l'étranger ou en devises.

La semaine dernière, Tony Tyler, directeur général de l'IATA a prévenu que les compagnies «ne pourront poursuivre indéfiniment leurs opérations (au Venezuela) si elles ne sont pas payées».

En réponse, le président vénézuélien Nicolas Maduro a affirmé que les compagnies aériennes qui cesseront leurs activités au Venezuela ne pourront plus y revenir tant que les «chavistes» seront au pouvoir. Il a également annoncé qu'il prendrait des «mesures sévères» contre les compagnies qui réduiront leurs activités.

Ces menaces n'ont pour l'instant pas été mises à exécution.

-Avec AFP