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Le Nigeria veut attirer les touristes au parc national de Yankari

Le parc national de Yankari possède des sources... (PHOTO STEFAN HEUNIS, ARCHIVES AFP)

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Le parc national de Yankari possède des sources chaudes cristallines dont la température demeure à 31°C toute l'année, comme celle de Wiki Spring (sur la photo).

PHOTO STEFAN HEUNIS, ARCHIVES AFP

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Stephanie FINDLAY
Agence France-Presse
PARC NATIONAL DE YANKARI

Un safari au Nigeria ? Ce n'est pas la première chose qui vient à l'esprit du touriste lorsqu'il pense au principal producteur d'or noir du continent africain mais c'est le défi du parc national de Yankari, au nord-est du pays: faire découvrir ses lions, ses éléphants ou ses sources chaudes.

«C'est devenu trop cher d'aller à Londres, à Dubaï ou en Amérique. Venez donc en vacances à Yankari», lance Mohammed Abdullahi Abubakar, le gouverneur de Bauchi où se trouve la réserve, dans une série de tweets.

«Nous avons besoin de diversifier nos revenus et le tourisme reste encore un fruit vert», estime M. Abubakar qui se décrit comme le «directeur marketing» de Bauchi, qui a été la cible du groupe islamiste Boko Haram.

Les recettes du Nigeria, géant africain, ont fondu avec la chute des cours du pétrole sur les marchés mondiaux et le pays voit dans le tourisme une nouvelle manne financière.

Les safaris représentent 80% des voyages en Afrique et génèrent des revenus de 36 milliards de dollars, selon le rapport d'octobre 2015 de la Banque africaine de développement.

Avec près de 300 éléphants, d'innombrables oiseaux et des sources chaudes cristallines à 31°C toute l'année, Yankari espère attirer des devises et à terme remplir les caisses de l'État, alors que le cours du naira ne cesse de dégringoler.

«Bauchi est le secret le mieux gardé d'Afrique. Je vois en Yankari un bout de paradis», dit M. Abubakar.

Mauvaise gestion

Mais des années de mauvaise gestion ont laissé la réserve de 2250 km2 vide d'infrastructures et de touristes.

Tout est à refaire ou presque. Les deux grands chantiers portent sur le développement du réseau routier pour permettre l'observation de la faune, à l'image des réserves kényanes, et l'installation de l'électricité dans le camp principal.

Pour Habu Mamman, l'unique administrateur de la réserve, les progrès sont déjà visibles depuis que M. Abubakar, qui a travaillé à Yankari comme conseiller juridique dans les années 1980, est devenu gouverneur.

«Le gouverneur sait que si Yankari fonctionne bien, cela peut générer beaucoup d'argent», analyse M. Mamman autour d'un dîner de poulet et de riz dans un patio qui donne sur l'immense parc vide, à l'exception de quelques phacochères qui jettent de temps à autre un coup d'oeil curieux.

«La plupart des anciens administrateurs étaient bien plus intéressés par le fait de se remplir les poches. Mais lui (Abubakar) cherche un moyen de placer sérieusement Yankari sur la carte du monde», ajoute-t-il.

«Monde totalement différent»

Le président Muhammadu Buhari, élu en 2015, s'est lancé dans une vaste opération de lutte contre la corruption, endémique dans la première puissance économique d'Afrique. La sécurité est également un défi majeur pour le Nigeria qui veut attirer touristes et devises étrangères.

Les autorités considèrent que le groupe islamiste Boko Haram, dont l'insurrection a fait plus de 17 000 morts en six ans, est «techniquement» vaincu. Mais on continue à observer des attaques sporadiques dans le nord-est du pays.

Isolée du pays et préservée du braconnage, la réserve de Yankari n'a pas été visée par Boko Haram. Les animaux errent en toute liberté et il faut s'armer de patience pour espérer tomber sur un éléphant ou un lion.

«Le safari est un jeu de chance, le safari est un jeu de hasard», philosophe le guide Haruna Dandango.

Dans les années 70, Yankari a connu un certain succès: près de 20 000 visiteurs par an, pour la plupart des expatriés, s'y rendaient pour se baigner dans les sources chaudes ou explorer les 50 grottes à taille humaine creusées dans une forêt marécageuse où les babouins font le guet.

«Il n'y avait pas de véritable problème de sécurité, on pouvait conduire à travers le Sahara, se rendre dans les sources chaudes de Yankari avant de continuer vers le Cameroun, puis Bangui en Centrafrique - c'était sur le chemin -, puis en Afrique de l'Est et plus au sud», raconte Phil Marshall, 66 ans, qui a travaillé dans la réserve. «C'était un monde totalement différent».

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