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Le tourisme après la guerre: la Côte d'Ivoire veut y croire

Une maison, brûlée durant la guerre civile en... (Photo: archives Reuters)

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Une maison, brûlée durant la guerre civile en Cote d'Ivoire.

Photo: archives Reuters

Dominique Ageorges
Agence France-Presse
Paris

Comment attirer les touristes dans son pays après les années de guerre? La Côte d'Ivoire et le Tchad sont venus au salon professionnel IFTM-Top Resa à Paris pour relancer leur destination, alors que, plus loin, les voyagistes syriens présents attendent des jours meilleurs.

À la fin des années 1990, la Côte d'Ivoire accueillait environ 380 000 visiteurs par an, un nombre en chute libre depuis une dizaine d'années marquées par des coups d'État et autres guerres civiles jusqu'à l'investiture en mai du président élu Alassane Ouattara.

Aujourd'hui «la paix est revenue, la sécurité se consolide et les Ivoiriens sont à la tâche», a expliqué à l'AFP le ministre ivoirien du tourisme Charles Aké Atchimon venu en personne au salon pour «prouver qu'on peut investir dans ce secteur en Côte d'Ivoire».

L'objectif du gouvernement est ambitieux: accueillir 500 000 touristes d'ici 2015 alors que «tout est à construire» tant en formation de personnel que d'infrastructures hôtelières par exemple.

Mais le tourisme est devenu une priorité, «un moyen de développement économique et social» qui permettra aux jeunes de trouver un emploi, insiste-t-il.

Et pour lui, le meilleur moyen d'effacer les images de violences vues à la télé, de vérifier si le pays «est redevenu fréquentable est de venir».

Ce que prônent avec un succès très mitigé la Tunisie et l'Égypte où le printemps arabe a fait fuir les touristes français. Cet été, les destinations d'Afrique du Nord étaient encore en repli de 40% chez les voyagistes.

Le Tchad réclame aussi une sorte de droit à l'oubli. Koura Pari, chargée des relations publiques de l'office du tourisme, se désole «que le Tchad garde l'image d'un pays en guerre, alors que ce n'est plus le cas depuis longtemps».

Mais les images des camps de réfugiés du Darfour voisin pénalisent le pays dans sa quête d'un véritable tourisme culturel dont l'étendard est Toumaï, doyen attitré de l'humanité avec sept millions d'années. C'est dans le Djourab tchadien que son crâne a été découvert en 2001.

Koura Pari préfère parler des déserts de l'Ennedi, avec ses grottes ornées de peintures rupestres ou du parc animalier de Zakouma qui n'aurait rien à envier au Kenya.

La Syrie, elle, n'est pas en guerre, mais six mois de la révolte contre le régime de Bachar al-Assad ont eu raison du tourisme culturel en plein développement.

«Il n'y a plus de touristes», constate Kayes Sayed, directeur de l'agence Visa Tour. «Tous les ministères des Affaires étrangères européens ont dit de ne pas venir alors...», se lamente-t-il en assurant qu'«il n'y a pas de problèmes de sécurité» sur les sites touristiques. Pourquoi dès lors venir à Paris ? «Pour maintenir les liens avec les voyagistes», répond-il.

D'autres pays ont préféré ne pas venir cette année comme le Niger ou le Mali, deux pays qui font partie de la bande sahélienne, dont tout ou partie est formellement déconseillée par le ministère français des Affaires étrangères.

Les pays du Sahel sont soupçonnés d'abriter des bases d'Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), le groupe qui a revendiqué la prise d'otages français à Arlit, au Niger.

La Mauritanie malgré tout a choisi de venir pour répéter à qui veut l'entendre que le pays n'est pas un repère de terroristes.

La directrice générale de l'office du tourisme Khadijetou Mint Doua se félicite que «des Français continuent à venir malgré les recommandations du Quai d'Orsay». Elle se réjouit aussi que l'affréteur d'avions Point Afrique reprenne ses vols charter en février vers Atar, dans le nord, même si c'est uniquement pendant les vacances scolaires.

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