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Étonnant succès d'un ancien professeur d'allemand new-yorkais sur Twitter

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Kate Millar
Agence France-Presse
BERLIN

Ancien universitaire et germaniste accompli, le New-yorkais Eric Jarosinski connaît un succès étonnant sur Twitter où, sous le pseudonyme @NeinQuarterly, il régale ses 90 000 abonnés de ses tweets érudits et poétiques, ciselés en anglais et en allemand.

À priori, rien ne prédisposait cet intellectuel de 43 ans à investir avec un tel succès la plateforme de microblogue.

Enseignant de littérature et de philosophie allemandes à l'Université de Pennsylvanie, à Philadelphie jusqu'à juillet dernier, le quadragénaire admet volontiers son aversion passée pour internet.

Pas vraiment «le genre» à rester assis chez lui à parcourir des blogues où lire ses courriels, expliquait-il récemment à l'AFP en marge de la Foire du livre de Francfort, où il était venu parler d'un livre en préparation.

Mais son rapport à la toile a radicalement changé il y a deux ans et demi, lorsqu'un ami lui parle de Twitter. Au début, la finalité du site lui paraît obscure, et ce n'est qu'en s'abonnant à des comptes d'écrivains ou de comédiens qu'il en saisit le réel potentiel. Son arrivée dans la twittosphère marque le début de ce qu'il nomme sa «petite expérience».

Son compte, @NeinQuarterly, connaît un succès croissant et rassemble actuellement plus de 90 000 abonnés. Eric Jarosinski le définit comme «une compilation de négations utopiques». Des tweets cultivés, exigeants, ironiques, amusants, mystérieux, parfois abscons, rédigés en anglais et/ou en allemand. Le goût pour cette langue s'enracine du reste dans un amour d'école secondaire, glisse-t-il.

Exemples: «Tu devrais prendre du recul de temps en temps. Regarder ta vie. Et continuer à prendre du recul»; «Aujourd'hui n'était qu'un symptôme. Le problème, c'est nous». Ou encore: «Un message perdu. Dans une bouteille brisée. Des rêves brisés. Devenus réalité».

Le tout, naturellement, en se jouant de la contrainte des 140 signes inhérente à Twitter.

«Pas de fétichisme»

Pour donner un visage à son compte, Eric Jarosinski a choisi un saisissant portrait du philosophe et sociologue allemand Theodor Adorno (1903-1969), monocle vissé sur l'oeil droit, le regard fixé sur le visiteur, le mot «Nein.» (non) écrit dessous.

«Ce qui m'intéresse, c'est de prendre l'autorité qu'il y a dans ce visage et dans les mots, de la saper, mais en essayant de le faire d'une façon espiègle et qui pousse à la réflexion», explique-t-il.

Son inspiration, il dit la puiser dans des aphorismes d'auteurs qui ont choisi comme moyen d'expression la forme fragmentaire, comme l'écrivain autrichien Karl Kraus (1874-1936) ou le philosophe allemand Friedrich Nietzsche (1844-1900).

Pour autant, son propos n'est pas de populariser des auteurs qui l'ont longtemps fasciné: «pas de fétichisme», insiste-t-il. «J'essaie simplement de dire que rendre hommage à l'esprit de ces oeuvres signifie également être critique avec elles et que l'on peut jouer avec».

L'exercice a aussi constitué une sorte d'échappatoire à l'écriture académique, synonyme pour lui d'angoisse, de solitude et de frustration. Alors qu'il enseignait, il tentait de mener à bien l'écriture d'un ouvrage sur la transparence comme métaphore politique dans l'Allemagne de l'après-chute du Mur. Projet qu'il a depuis remisé.

Écrire sur Twitter «est complètement différent d'une page blanche sur un ordinateur portable. Ces contraintes m'ont vraiment apporté de la créativité», explique-t-il.

«C'est toujours un défi de faire en sorte que ces petites choses parviennent à tout rassembler à la fois. Mais c'est aussi ce que j'apprécie» dans cet exercice, ajoute ce lecteur critique de ses propres tweets, dont il supprime ensuite environ un tiers.

@NeinQuarterly, son compte Twitter, dispose d'un espace dans le prestigieux hebdomadaire allemand Die Zeit. Et un livre devrait prochainement voir le jour: «Nein. Un manifeste», qui doit sortir dans plusieurs pays à partir de 2015. Il sera écrit dans «l'esprit» de ses tweets, mais «ne sera pas un livre de tweets», prévient-il.

Pour l'heure, il court les universités et les forums en Europe, en Amérique du Nord et du Sud, pour parler de @NeinQuarterly. Posément, il explique que l'idée de cette tournée baptisée FailedIntellectual Goodwill Tour, est venu de son avatar numérique qui, lui, «n'a aucun problème avec l'autopromotion».




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