Un nouveau site crée un buzz sur la Toile

Le principe de Heftig.co est d'aller chercher sur... (Photo Archives Bloomberg)

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Le principe de Heftig.co est d'aller chercher sur le web mondial toute histoire, vidéo ou photo susceptible de faire le buzz et donc de susciter des clics, en jouant essentiellement sur les émotions: tendresse, choc, humour...

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Jeanne LEFEVRE
Agence France-Presse
BERLIN

«Heftig.co», un nouveau site internet diffusant des vidéos simplettes d'animaux, de courts récits à l'eau de rose et des photos touchantes, connaît un succès fulgurant en Allemagne où ses fondateurs espèrent transformer leur machine à clics en jackpot.

En seulement cinq mois, le site a déjà rassemblé 850 000 partisans sur le réseau social Facebook, soit nettement plus que le site web de l'hebdomadaire Spiegel (670 000), pourtant une institution de la presse en ligne allemande.

Parmi les documents publiés, une vidéo amateur de deux petits chiens dans une voiture, lorgnant sur une glace avant de la manger à tour de rôle, a par exemple été partagée par des milliers d'internautes.

«Heftig» qu'on pourrait traduire par «c'est du lourd», est la copie conforme du site américain «Upworthy» («qui mérite d'être mis en avant») lancé en 2012 et qui rassemble plus de six millions de fans sur Facebook et 30 millions de visiteurs par mois.

Le principe est d'aller chercher sur le web mondial toute histoire, vidéo ou photo susceptible de faire le buzz et donc de susciter des clics, en jouant essentiellement sur les émotions: tendresse, choc, humour...

L'espoir des deux fondateurs allemands du site «Heftig.co» est de pouvoir transformer leur audience en recettes publicitaires.

Peter Shilling, 39 ans, et Michael Glöss, 34 ans, deux entrepreneurs de Potsdam, pourvus d'un sens marketing bien aiguisé, avaient conservé l'anonymat pendant des mois pour nourrir la curiosité autour de leur projet et le buzz médiatique.

En révélant récemment leur identité dans une interview à l'hebdomadaire WirtschaftsWoche, ils ont encore réussi à faire parler d'eux.

«Nous ne faisons pas de journalisme, mais nous partageons un média révolutionnaire, affirme M. Shilling. Nous ne cherchons que l'émotion et l'empathie. Pas de politique, ni d'économie, ni de célébrités».

Pour l'instant, «Heftig.co» ne rapporte pas d'argent, mais les associés discutent avec des partenaires commerciaux. «Nous allons mettre de la publicité, mais très prudemment pour que l'identité de notre site ne soit pas altérée», ont-ils expliqué dans un échange par courriel avec l'AFP.

Les vidéos tournées en général par des amateurs sont récupérées sur des sites d'hébergement de vidéos du type Youtube. Ce qui a suscité des doutes en Allemagne sur le respect des droits d'auteur.

«On ne vole pas, on offre une visibilité aux vidéos. Ça veut dire qu'on cherche des images que les internautes ont publiées publiquement sur internet, se défend M. Shilling. On balaye internet pour sortir les meilleures histoires».

Heftig.co offre une page d'accueil très épurée, avec très peu de documents mis en avant. Cela permet «de donner une impression de sélection face à l'abondance d'informations sur internet», a expliqué à l'AFP Benoît Raphaël, spécialiste des réseaux sociaux et créateur de sites pour de grands médias français.

«Aujourd'hui, nous sommes tous noyés dans 'l'infobésité' avec internet, les téléphones intelligents, les journaux gratuits... Les internautes en ont marre d'être abreuvés d'informations déprimantes, ils ont besoin de contenus simples, positifs et légers», affirme-t-il.

Et pour mettre en valeur ces contenus légers et inciter l'internaute à les partager, «Heftig» mise beaucoup sur ses titres toujours très accrocheurs.

«Il nageait quand soudain il a senti quelque chose sous l'eau. Cela m'a coupé le souffle»... Avec cette introduction, le site tente de conserver l'attention du lecteur pour deux minutes de vidéo montrant un homme en train de nager avant de tomber sur un requin.

À chaque fois, une vingtaine de titres sont testés auprès du public et celui qui fait le plus de clics est retenu.

«Tout le travail est dans l'accroche, pour que le contenu soit le plus partagé. On ne pense pas au lecteur, mais à l'ami du lecteur (...). Il faut lui donner envie de partager la vidéo avec ses amis virtuels», explique M. Raphaël.




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