Des puces à tout faire bientôt au Japon

La carte Suica a été une pionnière mondiale... (Photo Itsuo Inouye, Archives AP)

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La carte Suica a été une pionnière mondiale dans le domaine. Son nom est notamment dérivé de celui de la puce sans contact Felica, qui fête cette année ses 10 ans.

Photo Itsuo Inouye, Archives AP

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Karyn POUPEE
Agence France-Presse
TOKYO

Il n'est pas loin le jour où, au Japon, il suffira d'un bracelet pour prendre le métro, payer dans les commerces, ouvrir la porte de sa chambre d'hôtel ou fermer une consigne automatique dans une gare ou un aéroport.

Jeudi, le géant japonais de l'électronique Sony a confié recevoir de multiples demandes d'entreprises pour qu'il miniaturise encore sa puce sans contact «Felica» afin de l'intégrer dans des accessoires électroniques comme des montres ou bracelets.

«Felica», c'est le nom du semi-conducteur employé au Japon dans des passes de transport multitrajets (pour tous les trains et métros), dans les cartes de fidélité et porte-monnaie électroniques des commerces, dans les clefs de chambre d'hôtel ou dans les téléphones portables qui cumulent toutes ces fonctions.

Il suffit d'effleurer avec sa carte (ou son mobile) le terminal de lecture dans un commerce ou sur un portique de station de métro pour enregistrer la transaction et défalquer la somme correspondante du solde d'argent pré-chargé.

La carte Suica de la compagnie ferroviaire JR qui couvre la mégapole de Tokyo a été pionnière mondiale dans ce domaine. Ce sésame électronique, dont le nom est dérivé de l'expression «sui-sui» (fluide, facile) et de Felica, fête cette année ses 10 ans avec pas moins de 45 millions d'utilisateurs cumulés. À Tokyo, près de neuf passagers sur dix emploient cette carte ou un équivalent (Pasmo), émis par d'autres compagnies mais compatibles.

Suica, carte que l'on recharge, est aussi un porte-monnaie électronique accepté dans près de 250 000 commerces et qui totalise 4 millions d'opérations par jour.

Tous les autres porte-monnaie électroniques très utilisés au Japon (Nanaco du groupe de distribution Seven & I Holdings, Waon de son rival Aeon, Edy d'une ex-filiale de Sony rachetée par le géant de la vente en ligne Rakuten...) utilisent aussi la puce Felica, un standard de facto dans l'archipel.

«Nous avons livré 527 millions de puces Felica pour des cartes et 245 millions pour des mobiles», explique Sony, qui comptabilise une centaine de services divers basés sur sa technologie.

Mais aujourd'hui, alors que les montres et bracelets intelligents («smartwatch» et «smartband») font vibrer les technophiles de la planète, Sony est sommé de fournir vite des puces Felica plus petites et moins énergivores pour satisfaire les critères techniques de ces objets.

«Des entreprises ont émis le souhait d'intégrer la fonction porte-monnaie électronique dans des accessoires de cette nature», explique le groupe. «Pour y répondre, nous sommes en train de travailler avec des partenaires dans l'objectif de proposer une puce Felica compatible avec ce genre de produits dits «wearables» (portables comme un accessoire) courant 2015.

Felica à l'étranger aussi 

Si Felica est la puce reine en son pays et dans quelques nations d'Asie, elle n'est pas standardisée sous cette appellation en Europe. En revanche, cette technologie a des points communs avec la norme appelée NFC.

Sony, qui soutient également ce standard, est en passe de produire, avec le Sud-Coréen Samsung et le japonais Toshiba, des puces Felica de troisième génération, compatibles NFC, afin de gagner les marchés étrangers.

Le géant nippon a aussi imaginé une carte Felica à puce sans contact interactive, qui peut stocker plusieurs applications de porte-monnaie électroniques et passes de transport et se distingue des modèles actuels par un écran (pour consulter le solde d'argent notamment). Elle comporte aussi une connexion de proximité Bluetooth de sorte que l'historique des transactions puisse être lu sur un téléphone intelligent auquel elle se connecte.

Selon la Banque du Japon, le porte-monnaie électronique n'est pas un mode de paiement négligeable. En 2012 (derniers chiffres disponibles), le montant des transactions a été presque quintuplé en 5 ans pour atteindre 2470 milliards de yens (26 milliards de dollars au cours actuel).

C'est encore loin de la carte bancaire (529 milliards de dollars en 2012), mais la progression est d'autant plus notable que ce moyen de règlement est réservé aux petites sommes.




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